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Index des auteurs

jeudi 31 octobre 2013

Les Contes macabres - E.A. Poe & B. Lacombe

❢ Les contes macabres est un livre écrit par Edgar Allan Poe et illustré par Benjamin Lacombe.
Reçu en cadeau début d'année -à nouveau, oui je sais, je suis une gâtée!- je profite du challenge Halloween pour le sortir de ma bibliothèque. Le lundi 14 octobre étant consacré à un classique, je l'avais lu pendant le RAT d'Halloween en utopiosant que j'allais publier mon avis à temps. Ah-Ah-Ah!!!  -Rire qui fait vraiment très très peur parce que c'est le 31 octobre et que c'est le jour des monstres. Sinon il est tout simplement ridicule. Une effroyable incursion dans les contes de Poe avec des images qui font du bien à l'oeil!




Un peu de mon avis pour aromatiser votre thé?


Soleil Pro, 1/12/10, 220p.
Le projet de Benjamin Lacombe est vraiment un très bon et beau projet! Tout d'abord parce qu'illustrer un texte est une bonne idée. Ensuite parce que ça m'a donné envie de découvrir ces Contes macabres. Sans cette adaptation, je ne me serais sans doute jamais vraiment penchée sur ces textes, même si je dois bien avoir un recueil de Poe qui traîne dans ma PAL. J'ai balancé entre deux notes (la meilleure l'a emporté) pour ce livre. Mon avis n'était pas tranché.

❢ C'est du côté du texte que je suis le moins enthousiaste. Malgré le fait que je ne suis pas une habituée, ni une fana de nouvelles, j'ai pris assez bien de plaisir à découvrir celles de Poe. Mais alors, quelle gymnastique de l'esprit! Je pensais débuter tranquilou ce bouquin au saut du lit... J'ai bien vite dû réveiller mon esprit encore embrumé de la nuit.




❢ Poe propose un texte plutôt complexe-et là je renvoie à mon avis sur Malpertuis et le style de Jean Ray. On sent bien qu'on est dans du classique -naan je ne trouve pas que les auteurs contemporains écrivent moins bien, c'est juste qu'on sent l'emprise de l'époque sur l'auteur.
Ses contes sont à la fois fantastiques, glauques, très poétiques, voire même philosophiques. Il y a un vrai travail de la langue. Notez que les textes sont traduits par Charles Baudelaire.
J'ai été emballée par certains récits et je pense que je suis passée à côté d'autres. Une relecture n'est sans doute pas à exclure pour bien saisir toutes les nuances que Poe a distillé à travers ses lignes.
Voici pourquoi mon avis était un peu plus mitigé au niveau du texte. Néanmoins, je suis très contente d'avoir enfin découvert cet auteur. La fin de l'ouvrage propose une mini-biographie de Poe. La lire permet de donner également un éclairage certain par rapport à ses textes.

❢ Du côté du contenant, là rien à redire, je suis conquise! Les illustrations de Lacombe conviennent vraiment très bien aux textes de Poe. Grâce à son coup de crayon, il met en scène des émotions que Poe fait naître à travers sa plume, avec beaucoup de finesse. Benjamin Lacombe rend vraiment bien tout le fantastique et la poésie des écrits. Il saupoudre le tout d'un peu de glauquitude. L'atmosphère des textes est rendue vraiment intacte. Mon regard était littéralement scotché à ses images et tentait de comprendre tous les mystères qui les entouraient.



❢ En bref, il n'y a pas à tortiller du cul de la fesse, ce livre est vraiment un bel objet, non seulement pour l'esprit, mais aussi pour les yeux. Perso, j'ai pris beaucoup de plaisir à le feuilleter, le lire, découvrir et redécouvrir les illustrations. L'édition alterne également entre des pages crèmes et des pages noires, ce qui contribue également à créer une certaine ambiance de lecture. A se procurer d'urgence donc...

Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2013.
Pour lire l'avis de Hilde.

mercredi 30 octobre 2013

End - Barbara Canepa

❢ Elisabeth est le premier tome de la série End créée par Barbara Canepa (dessins, scénario et dialogues) et d'Anna Merli (dessins et couleurs).
Offert par ma maman (oooh merci!) pour mon anniversaire, End reposait depuis janvier dans ma PAL. Pourquoi attendre... toujours cette bête question existentielle. Néanmoins, une réponse possible peut se profiler : "aah bin pour attendre moins longtemps la suite, ma bonne dame!"

Avec End, Canepa nous plonge dans une histoire sombre, mortuaire et très mystérieuse. Un vrai régal pour les yeux!



Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?

Soleil, 6 juin 2012, 50p.
❢ "Lorsque je l'ai rencontrée pour la première fois, j'avais les yeux plein de larmes et elle, elle se dissimulait parmi les ridules du visage hâve de ma grand mère". Tels sont les premiers mots de cette BD. Elisabeth a 13 ans 6 mois 6 jours quand la mort vient la chercher à son tour, un 27 octobre 1866.
Morte, un état dont elle va prendre conscience quand elle assiste à ses propres funérailles. Tout le monde est dévasté, ses parents, sa soeur, ses amis... Elle est là, sauf que personne ne peut la voir ni l'entendre. Pourquoi?
Alors qu'elle "apprivoise" tant bien que mal sa nouvelle non-vie, Elisabeth ne désespère pas d'entrer en contact avec sa soeur, dont elle était très proche.
D'un autre côté, son amie, Nora tente de lever le voile sur cette mystérieuse disparition.


Et mon avis pour tremper dedans, tu le veux?



 ❢ J'ai un peu perçu ce premier tome comme une longue introduction. Canepa nous plonge dans une série remplie de mystère. Elle met en place le cadre, dresse un léger portrait de quelques personnages, mais elle garde aussi beaucoup de clés dans sa manche.
Elle en donne, mais juste assez pour mettre l'eau à la bouche du lecteur. Qui, pourquoi, comment, WTF?! Des questions qui sont revenues souvent pendant ma lecture.
L'intrigue est franchement bien ficelée entre ce qu'il faut savoir pour accrocher et ce que l'on doit découvrir, mais plus tard.
Néanmoins, je suis loin de m'être sentie spoilée par ce tome.
D'une part, le fait de distiller les infos permet de s'acclimater à l'univers. D'autre part, ça laisse du temps pour découvrir les superbes illustrations.

❢ J'ai tout simplement kiffé grave ces illustrations. A la fois douces et dures, sombres et colorées, les images sont superbes. La BD a un format légèrement plus grand qu'un format classique. Ce qui fait qu'on a l'impression d'ouvrir un grand et beau grimoire, mais aussi qu'on en prend plein les mirettes. Connaissant Canepa à travers la série Skydoll, je retrouve ici son coup de crayon, mais là où Skydoll est très pop, électro-flashy, End se la joue gothico-sobriety. Les traits des personnages reflètent bien les émotions et les expressions de ceux-ci. Ils sont assez réalistes, mais aussi estompés et donnent une impression de douceur. L'univers est vraiment sombre et colle bien au thème de la mort qui parcourt tout le récit.

❢ Je dirais que cette BD est tout simplement très poétique. Une poésie au niveau du graphisme, mais aussi au niveau du texte. On est pas dans des dialogues Tac au Tac. Les textes sont travaillés. L'auteur nous offre de belles phrases qui cadrent vraiment bien avec l'ambiance générale, entre désespoir et espoir. Ca se lit lentement pour savourer pleinement la musicalité des mots -sans pour autant être barbant.

❢ En bref, je suis conquise par ce premier tome. Je me réjouis évidemment de découvrir la suite de cette histoire un peu mystique. Et évidemment.... je veux absolument mettre ces illustrations aux murs de mon chez-moi! Une BD lue avec beaucoup de plaisir et d'émotions.
A découvrir!
Et voici l'avis de Hilde!


Pendant le Challenge Halloween, le mercredi est dédié à la BD fantastique... serais-je à l'heure pour une fois :-)






lundi 28 octobre 2013

Malpertuis - Jean Ray

Publié en 1943, Malpertuis est un roman fantastique écrit par le belge Jean Ray. Court, mais dense, ce récit amène son lecteur dans une maison où il se passe des choses plutôt bizarres, voire malsaines.
Frissons sur frissons, bienvenu dans le domaine mystérieux, du tout aussi mystérieux Cassave.




Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?

Le vieux Cassave est mourant. Alors qu'il ne lui reste que peu de temps, il décide de réunir dans sa demeure quelques personnes et leur soumet ses dernières volontés. Chacun va devoir rester à Malpertuis, son vieux manoir. Les deux derniers survivants devront ensuite se marier.

Et mon avis pour tremper dedans, ça te dit?

J'ai Lu, 1992, 190p.
Entrer dans Malpertuis, c'est se garantir quelques frayeurs. Non pas au sens de l'horreur déversée à grand renfort de seaux remplis de sang de porc, mais plutôt dans le genre d'une peur qui s'insinue dans les os, tel un vilain froid d'automne.
L'intrigue développée est vraiment intrigante -aah! bin ça tombe bien ma bonne dame!- ce en quoi je dirais qu'il est vraiment intéressant de lire la préface, qui explique la structure du récit. Le premier chapitre nous dépose sur le pont d'un bateau, le second nous projette dans le manoir auprès du vieux Cassave. Le lien entre les deux... il faudra aller jusqu'au bout pour le comprendre.
Un point de départ plutôt anodin, un vieillard qui souhaite voir accomplir ses dernières volontés, mais qui va plonger le lecteur dans un grand mystère.


Le récit est découpé en plusieurs parties, chacune narrée par un personnage différent. La plupart du temps, le lecteur va suivre les pas de Jean-Jacques Grandsire, jeune homme de vingt ans. On le suit au fur et à mesure du déroulement de l'histoire. Les autres narrateurs vont apporter leur éclairage a posteriori. On ne sait pas grand chose des différents protagonistes mis en présence, excepté le fait que Cassave les a convié à habiter Malpertuis après son décès. On en découvre un peu sur eux, ou pas du tout. C'est encore un certain mystère qui plane au dessus de leurs têtes.

Le style de l'auteur, La Jean Ray's touch, n'est pas si aisée que ça à lire. Le récit est court, environ 190 pages, mais le texte est dense. Malpertuis est un classique de la littérature fantastique, écrit dans les années 40, et ça se sent- oui, non, je ne dis pas qu'on écrivait mieux à cette époque, mais c'est différent, l'époque, le langage, et toussa...
Je pensais le dévorer en quelques heures, vite fait, au vu de l'épaisseur, que nenni ma bonne dame! Malpertuis demande un certain investissement au lecteur.

J'ai trouvé l'intrigue plutôt complexe et bien ficelée. Dans le sens où l'auteur donne des petits éléments et qu'on se trouve dans le même questionnement que le narrateur principal, alias Jean-Jacques. On est spectateur de l'enchaînement des évènements et ce n'est qu'à la fin que l'on va comprendre ce qui s'est déroulé sous nos yeux. Alors ça peut paraître quelque peu déroutant, néanmoins, quand la lumière est faite... c'est un Ah waiis qui sort de la tête. 

En bref, Malpertuis est un bon récit à l'ancienne qui plonge le lecteur dans une intrigue recherchée. Un cadre sombre et mystérieux qui fait naître des questions et de la peur quand on se plonge dedans. La première fois que je m'étais aventurée dans cette drôle de maison, j'avais eu du mal à dépasser le premier chapitre. Ma seconde expérience a été plus fructueuse!
Une langue not so easy, une structure à plusieurs vitesses, des personnages troublants... Un livre à découvrir et sans doute redécouvrir.

Livre ressorti de ma PAL pour le challenge Halloween, arrêt Maison hantée. Et c'était bien cool!
 

vendredi 25 octobre 2013

Ce cher Dexter - Jeff Lindsay

❢ Premier tome de la série de livres qui a inspiré la série télé, Ce cher Dexter nous permet de faire la rencontre d'un héros un peu particulier- Si tu vis dans une grotte, passe ton chemin- à savoir un expert en sang à la police un peu beaucoup tueur en série "contenu" sur les bords.


Incursion dans les racines d'une adaptation télé qui vient de laisser tomber le rideau après 8 saisons. Choix du mois d'octobre pour le défi ValériAcr0... plutôt un bon choix! Tellement bon choix qu'Acr0 s'est lancée en Lecture Commune avec moi.



Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?

❢ Miami. Dexter Morgan, agent médico-légal expert en tâche de sang, est également un meurtrier. Adopté par un flic, Harry Morgan, suite à un événement plutôt trauma dans son enfance, Dexter apprendra à canaliser ses pulsions de mort. En effet, Harry Morgan, conscient du travers de Dexter, décide de l'aiguiller et d'en faire un tueur de tueurs. Oscillant entre sa vie professionnelle liée au monde policier et son Passager noir qui le tiraille et le tire vers le sang, être dans la tête de Dexter Morgan n'est pas de tout repos... surtout quand il se retrouve face à un tueur plus que fascinant....



Et mon avis pour tremper dedans, ça te dit?

Points, 4 mai 2006, 308p.
❢ Avec son Dexter, Jeff Lindsay propose une vision plutôt originale du serial killer.
Le roman est écrit à la première personne, donc très vite le lecteur est plongé auprès de Dexter. De bout en bout du livre, le lecteur est amené à développer une certaine intimité avec le héros, étant donné qu'il a accès à ses pensées. On sait ce qu'il pense, on sait ce qu'il sait, et on ignore ce qu'il ignore également.
Cette proximité est assez agréable, car elle permet de nouer des liens assez forts avec le héros -pour peu qu'on apprécie ce dernier.

❢ Le ton est assez direct. En majorité, on est en focalisation interne. Néanmoins, on a droit, d'une part, à des dialogues entre les personnages; d'autre part, on a vraiment l'impression que Dexter s'adresse à nous, lecteur. Au final, le style est assez simple et le livre se lit très rapidement -à mon avis plus rapidement que de s'enfiler les 12 épisodes de la série télé. Je souligne juste un passage, au 2/3 du récit, que j'ai trouvé un peu longuet.

❢ Dans sa manière de nous présenter son histoire, on apprend également à connaître les personnages petit à petit. Lindsay ne nous sert pas tout les personnages tous cuits sur un plateau. C'est au lecteur de les découvrir, les effeuiller au fur et à mesure de l'intrigue. L'accent est évidemment mis sur le personnage de Dexter. Même si c'est très cash au départ, rapport au statut de serial killer, on se rend vite compte que Dexter a beaucoup de facettes. En avançant à ses côté, on dénoue les fils de l'intrigue, mais aussi de sa personnalité, de sa psychologie, mais surtout de sa dualité. J'ai trouvé les autres personnages assez attachants également. Certains sont carrément exécrables, mais c'est tellement bien de détester des personnages, surtout quand ils sont bien campés-LaGuerta je te kiffe.



❢ L'intrigue de ce premier tome est bien ficelée. On oscille entre le combat intérieur de Dexter, et la poursuite d'une tueur en série assez mystérieux. On n'est pas dans une intrigue tirée par les cheveux. J'ai plus l'impression que l'auteur plante ici son décor, place ses personnages, donne un peu de pain pour démarrer, mais promet bien des surprises ensuite.

❢ Côté surprise, j'ai été également servie. Un beau twist qui laisse pantois celui qui suit la série télé, mais pas que! Ce livre est sorti bien avant la série télé, et lui a servi de support. Néanmoins, les auteurs de la série télé se sont quand même écartés de ce que proposait Lindsay. Donc surprises garanties!
Au final, une bonne lecture détente, un bon choix de la part de ma Cop' Acr0 pour notre défi, un titre à ajouter à mon palmarès pour le challenge Halloween, et surtout un super échange en LC!
Et comme j'ai bien aimé... j'ai déjà commencé le second tome...



jeudi 24 octobre 2013

Emily the Strange, tome 1 - Rob Reger

❢ Morte d'ennui est le premier tome de la série Emily the strange en BD. Reçu il y a belles lurettes pour une fête par ma Sista!, je profite du challenge Halloween pour le sortir de ma PAL.
Une découverte mi-figue, mi-raisin.






Quoi?! Pas de résumé pour tremper dans le thé!!


Soleil, septembre 2007, 100p.
❢ Attention, ne vous fiez pas au résumé proposé sur les différents sites marchands. Celui-ci ne correspond pas du tout à ce qui se passe dans le bouquin. En y repensant, ça doit être l'élément qui a causé ma déception. En ouvrant ce bouquin, je pensais tomber dans une histoire "classique" -dont le résumé m'avait bien plu. Au lieu de ça, j'ai trouvé des petits sketches (je ne sais pas si l'expression peut s'appliquer à la BD, mais c'est l'idée) qui ne formaient pas vraiment un ensemble cohérent à la manière d'une "histoire"-naaan je suis pas trop conventionnelle, c'est juste que quand vous commander un sandwich au jambon, et qu'on vous sert du fromage... vous êtes un peu déçu. Le seul fil rouge était constitué par le thème de chacune des 3 parties.
Ensuite, on vivote entre des planches diverses et variées : listes de choses, interviews illustrées de personnalités (dont Marilyn Manson), des faits, des choses isolées. Bref, un beau fatras de textes et d'images.
Alors oui, pourquoi pas. Sauf que non, ma rencontre avec Emily n'a pas vraiment collé. Je me suis assez vite ennuyée lors de cette lecture. Oui, j'ai trouvé des planches sympas, mais sans plus.

❢ Il y a quand même un point qui rattrape un peu l'affaire, c'est au niveau du graphisme. Même si je me suis un peu beaucoup emmerdée ennuyée, j'ai quand même pris pas mal de plaisir à regarder les images -oui j'ai aussi fait de la lecture en diagonale.
J'aime assez bien ce style de comics, où les illustrations dévorent la page entière. L'auteur exploite à fond l'espace qui lui est donné. Les récits ne sont pas forcément linéaires et le regard peut se perdre dans le sens qu'il veut. Les tons sont bien appropriés au style et à l'ambiance que Rob Reger entend donné à son univers : du noir, du blanc, du rouge et un dégradé de gris. Avec peu, il fait passer beaucoup : un monde sombre, un bout de dépression, de la glauquitude, de l'ennui, du gothisme. De ce côté, je n'ai pas loupé le rendez-vous avec cette BD.
J'apprécie plutôt bien le personnage d'Emily et l'univers qui va avec. Tout noir, mais beaucoup d'humour.


❢ Si je ne me trompe, il existe au moins un second tome de cette série. Mais je ne pense pas renouveler l'expérience. Le livre en lui même est un bel objet, mais au vu de tous les titres sur lesquels je bave d'envie, je vais passer mon chemin pour la suite.

Petite contribution aux mercredis BD du challenge Halloween 2013!







jeudi 17 octobre 2013

Courtney Crumrin - Ted Naifeh

J'ai découvert Courtney Crumrin via le blog d'Acr0. Donc quand je tombe sur les premiers tomes, en couleurs, lors de mon passage à Trolls et Légendes en avril dernier... c'est totalement impossible pour moi de ne pas saisir ma bourse pour m'offrir les deux premières aventures.
Entre horreur et humour, Courtney fait partie de ces séries que j'aurais déjà dévorées en entier si je n'étais pas menottée par ce putain de défi qui m'oblige à lire deux bouquins de ma PAL pour pouvoir en acheter un. Hillsbourough, une bourgade qui en vaut le détour.
Courtney Crumrin tome 1 : Les choses de la nuit
Courtney Crumrin tome 2 : L’assemblée des sorciers



Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?

Akileos, juin 2012, 119p.

Courtney est une jeune adolescente. Sa vie va plus ou moins changer (quoiqu'on ne sait pas grand chose de son passé), le jour où elle va s'installer chez son oncle Aloysius avec ses parents. Des parents qui manifestent plus d'intérêt à l'aspect extérieur de richesse qu'ils peuvent renvoyer en intégrant le manoir familial qu'à leur fille. Courtney n'a pas un caractère facile et s'intègre difficilement auprès de ses nouveaux "copains" de classe. Alors qu'évidemment on lui interdit de s'aventurer dans le bois qui entoure le domaine, elle n'en fait qu'à sa tête. Elle découvre ainsi des mystères et des créatures étranges auprès de qui elle aura plus d'accointance qu'avec les jeunes de son âge. Attention Frissons garantis!


Et mon avis pour tremper dedans?


Akileos, août 2012, 136p.
Dans le premier tome, on fait la découverte des personnages principaux de la série : Courtney, son oncle, ses parents, et quelques créatures bizarres. L'atmosphère est assez sombre et propice à créer une ambiance mystérieuse. Le second tome met en scène de nouveaux personnages qui auront également leur importance au fur et à mesure que les aventures de Courtney se déroulent sous nos yeux.

Chaque tome est divisé en plusieurs chapitres qui sont à la fois des épisodes "isolés", mais également faisant partie d'un tout. Des fils qui se lient et se délient pour le plus grand plaisir du lecteur. J'aurais envie de dire que le premier tome est un peu une entrée en matière : on découvre l'environnement, les personnages; on touche déjà aux mystères qui entourent le manoir de l'oncle Aloysius et le secrets qu'ils recèlent. Mais très vite, on est confronté à une intrigue qui rend gourmand! Le second tome nous plonge directement dans la suite des aventures de Courtney, sans détours.

Côté personnages, ils sont tous, à leur manière, assez attachants. Que cela soit Courtney, avec son caractère de chien d'ado en crise; l'oncle avec son air plutôt froid et distant, mais qui cache bien son jeu et est très mystérieux; les parents qui sont de vrais bouffons; les "copains" de classe bien caricaturaux... Même les créatures de la nuit ont leur petit truc qui fait qu'on apprécie le récit.

Ted Naifeh, auteur et dessinateur, dépeint un univers qui fait peur. C'est sombre, mystérieux, intrigant... Les créatures sont assez bien moches et donnent des frissons. Ici, pas de grands à plat de couleurs comme j'en ai parlé par exemple dans le Locke and Key. Les dessins sont à la fois plus sobres et plus fins. Les dessins sont très détaillés sans être pour autant surchargés.
Les dessins peuvent être également assez simplistes : avec quelques traits, on peut se rendre compte du poids de la situation, ou donner un effet comique à certaines mimiques. Les émotions, les attitudes, les atmosphères sont vraiment bien rendues.
Les cases sont entourées de blancs, sans pour autant être linéaires.  Ce qui permet de ne pas être étouffé non plus pendant la lecture.
Une version en noir et blanc est également proposée, et je me demande si cette version n'est pas antérieure à la version couleur.

En bref, un top découverte que j'ai vraiment envie d'approfondir! Un auteur/dessinateur qui m'a beaucoup plu! Un univers qui donne froid dans le dos, des personnages intéressants. Un monde sombre et mystérieux, mais blindé d'humour. Un bon moment BD!




Et hop là, une lecture qui s'inscrit aussi dans le cadre du challenge Halloween 2013!

mercredi 16 octobre 2013

Manuel de survie à l'usage des incapables - Thomas Gunzig

❢ Après Mort d'un parfait bilingue, Kuru et 10.000 litres d'horreur pure, Thomas Gunzig signe avec son Manuel de survie à l'usage des incapables son 4ème roman pour adulte. Cet auteur belge, né en 1970 à Bruxelles, dégaine une plume acérée et remplie d'humour noire, pour le plus grand plaisir du lecteur. Rendez-vous dans une grande surface pour en découvre ses méandres et ses coins sombres...








Vous prendrez-bien un petit résumé avec votre thé?

Au Diable Vauvert, 408p., août 2013

❢ Aïe, pas toujours facile de faire un résumé alléchant d'un bouquin un peu zarbi...
Décor : un supermarché.
Point de départ : le licenciement abusif de Martine Laverdure, caissière capverdien.
Motif officiel : elle entretient une liaison avec le responsable primeur, Jacques Chirac Oussoumo. Ils ont été pris en flag' par Jean Jean, chef de la sécurité, mandaté par le directeur et le responsable des ressources humaines.
Motif officieux : Martine serait légèrement trop lente à sa tâche. Le supermarché ne peut se permettre de la garder.
Élément déclencheur : lors de son entrevue avec la direction, Martine perd la vie.
Résultat : les 4 fils de Martine -4 loups œuvrant dans le grand banditisme -déclarent vengeance pour le sang que leur mère a versé. Jean Jean va devoir payer...


Et mon avis pour tremper dedans?


Sous le couvert d'un "thriller", Thomas Gunzig offre une belle vision acide de la société actuelle, en mettant le doigt là où ça fait mal. Utiliser comme point de départ un supermarché était une bonne idée. De haut en bas, en large et en travers, ce décor permet de brosser une panoplie de personnages "de tous les jours" et de différentes strates. Mais aussi d'observer les comportements des "gens".
Tous les protagonistes du récit ont leurs particularités "psychologiques", mais aussi physiques.
Car dans l'univers dépeint par Thomas Gunzig, les humains ont été génétiquement modifiés : ADN de loup, de loutre ou de mamba viennent accentuer la mentalité des (z)héros.
Les personnages ne sont pas manichéens, et sont vraiment agréables à découvrir. Amour/haine, mes sentiments pour les uns et les autres ont bien souvent évolué pendant ma lecture.

❢ Plutôt décalé, entrer dans ce roman de Gunzig c'est se frotter à un surréalisme à la belge. Au quotidien "banal", il ajoute des éléments totalement improbables qui en font un livre à part. Cette lecture m'a également fait penser au 1984 de George Orwell, ainsi qu'à Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley -par contre, j'ai vraiment préféré le Manuel de survie... aux deux premiers. Malgré la critique acerbe (et justifiée) de la société d'aujourd'hui, Thomas Gunzig utilise un ton assez léger et humoristique -une manière de dédramatiser.... ou pas.
Le livre se boit comme du petit lait, mais fait tout de même réfléchir. A quoi sont prêts les êtres humains pour arriver à leurs fins? -par exemple.


❢ En bref, attraper un Thomas Gunzig c'est se plonger dans un roman plutôt intelligent, plutôt marrant, totalement décalé, carrément à l'ouest, dans une langue agréable et facile à lire. Perso, je l'ai dévoré!
Gunzig, fan de cinéma, introduit également de nombreuses références au 7ème art -par contre, je suis incapable d'aller les rechercher toutes...
Note pour plus tard : Je pense que je suis passée à côté de quelque chose avec cette histoire de baleinier...

Petit clin d'oeil également aux éditions Diable Vauvert (éditions que j'apprécie vraiment beaucoup) et à Babélio, qui m'ont permis de découvrir ce nouveau titre via l'opération Masse critique.

Et on a même un flash-back dans le générique de fin :
En décembre 2007, j'ai eu la chance de le rencontrer pour l'interviewer dans le cadre de ma formation de libraire. Une discussion ma foi fort sympathique!