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mercredi 30 mai 2012

La nef du crépuscule - Robin Hobb

J'ai Lu, Février 2002, 414 pages
Troisième tome de cette merveilleuse saga que je découvre en 2012.
Les Six-Duchés sont toujours en proie aux attaques des Pirates Rouge.
Vérité, le Roi-servant, artise du mieux qu'il peut pour tenir l'ennemi éloigné. D'autre part, la construction de la flotte arrive à son terme. Les bateaux vont pouvoir partir en mer, pour combattre les pirates.
Après plusieurs attaques, une solution lui apparaît comme la seule possibilité de s'en sortir : partir à la recherche des Anciens. Ceux-là même qui avaient apporté leur aide contre des attaques ennemies dans le temps de jadis.
Fitz, toujours plus fidèle à son roi et son roi-servant, n'hésitera pas à se mettre entre parenthèse pour la sauvegarde de Castelcerf.
Car Vérité parti, Royal, son frère cadet, s'offre une voie royale au palais!
D'un autre côté, le bon vieux Roi Subtil n'est pas au meilleur de sa forme.
Remue-ménage, love et rebondissements au programme de ce tome 3!

Impossible de résumer l'intrigue de ce livre sans en spoiler le contenu des précédents. Maintenant, il est évidemment plus intéressant de donner son avis sur une lecture, que d'uniquement en faire un résumé.
Trêve de blabla, passons aux choses sérieuses...

Mon avis:
Dieu que c'est bon! Telle une glace au chocolat, un Big Mac, ou un Spare ribs à volonté (de chez Amadéo à Bruxelles), cette série m'enchante. Je ne regrette qu'une chose, ne pas l'avoir découverte au moment de sa sortie, pour me délecter de l'attente entre la sortie des différents tomes.
Certes, j'ai la chance de pouvoir dévorer la saga à la vitesse de l'éclair sans contrainte, mais j'aime déguster. En garder un peu pour plus tard (euh non, je ne dors pas avec des os de porc sous l'oreiller!).
Et puis, c'est vrai que l'attente peut-être agaçante, mais c'est aussi grâce à elle que notre envie de découvrir/vouloir une chose augmente.
Dans ce troisième tome, évidemment le héros grandit, s'affirme petit à petit; tout en ayant toujours les comportements impulsifs d'un ado. Fitz est vraiment un chouette héros. Il n'est pas tout beau-tout gentil; mais il semble juste et honnête. On sent qu'il se bat pour une cause. Sa motivation fait partie des moteurs de cette histoire.
On apprend également à découvrir de "nouveaux" personnages (Kettricken, par exemple, qui a intégré le récit au tome précédent), mais aussi certains Ducs. Et on approfondit la connaissance des personnages présents depuis le début.
Hobb ne nous livre pas d'un coup d'un seul, ses personnages sur un plateau d'argent. Elle les fait évoluer au fil de la série. Et c'est vraiment agréable. On pense cerner une personne, mais en fait, celui-ci cache encore bien des ressources. Ceci sans tomber dans des éléments futiles ou superficiels qui n'apporteraient rien à l'histoire.
On sent vraiment qu'il y a une construction stratégique dans son cheminement. C'est pensé.
Et donc, Ô toi, lecteur, qui pensait détester Royal... et bien, tu n'es pas au bout de tes surprises!
C'est vrai que depuis le début, ce type est imbuvable... mais ce n'est que l'ombre de ce qu'on pourrait imaginer, je pense.
Je me prends au jeu de le haïr... évidemment je n'ai pas envie de l'assassiner réellement, car c'est tout de même un anti-héros qui fait avancer le récit, qui participe aux rebondissements.
En tout cas, Robin Hobb a bien réussi son "méchant" du moment (je suppose que l'on va en croiser d'autres).

Que dire de plus, par rapport à la chronique du second tome?
Le style de l'auteur est toujours aussi agréable. Elle distille petit à petit les fils de son intrigue, sans balancer la pelote d'un coup. Elle a su me tenir en haleine tout au long des 400 pages. A aucun moment, je ne me suis ennuyée. Tous les passages semblent importants et apportent leur pierre à l'édifice. Son traitement des personnages est toujours intéressant. On n'est jamais sûr de pouvoir se fier à notre premier avis. On les découvre peu à peu et ils conservent toujours une part de mystère quant à leurs comportements. L'enchaînement des évènements apporte un bon rythme : ni trop rapide, ni trop lent. L'histoire est "complexe", mais on y voit clair. Peu familière de ce genre d'univers (j'ai lu très peu de fantasy auparavant, et jamais de ce type), je m'y retrouve assez facilement.

Bref, une troisième lecture qui me fait brûler de lire la suite. Pourvu que ça dure!

Ma note : 4,5 étoiles

Ps : Mention spéciale aux couvertures de l'édition J'ai Lu que je possède... elles sont vraiment à chier :-)

jeudi 3 mai 2012

La reine dans le palais des courants d'air

ou Millénium, tome 3  de feu Stieg Larsson.
J'ai mis 6 ans à découvrir l'entièreté de la trilogie de cet auteur suédois, simplement pour garder au maximum le plaisir de cette lecture. Découverte dès sa sortie chez Actes Sud Noir, j'ai tout de suite adhéré à cette série. Évidemment, cette publication rimait avec "plus aucun Stieg Larsson, tu ne découvriras après ceux-là". D'où mon envie de ne pas tout dévorer d'un coup.
Et je peux dire que cette lecture me laissera un souvenir impérissable. J'en prends pour preuve le petit gout de madeleine que j'ai eu en prenant un bain moussant quelques temps après avoir fini ce troisième tome. Oui, comparaison un peu bizarre... quand on n'a pas tous les éléments, à savoir que je lis énormément dans mon bain. Et donc, cette fois là, en mettant le bain moussant dans l'eau, son odeur a fait ressurgir dans ma mémoire ma lecture de ce tome. Alors, non, je ne change pas de bain-mousse à chaque lecture, mais dorénavant cette senteur sera associée à La reine dans le palais des courants d'air. Qui sera assez fort pour me faire changer ce souvenir! Mystère.

Actes Sud, septembre 2007, 711 pages
Pour en revenir sur ma lecture, quelques mots pour résumer l'intrigue. Alors que le tome 2 débutait un an après la fin du premier, ce tome 3 démarre 5 minutes après le second (voire tout de suite).
Ayant lu La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette en 2008, j'ai quelque peu ramé au début pour replacer tous les personnages. Évidemment, pas au niveau des personnages principaux qu'on n'oublie pas, mais du côté des "méchants", et des tous ces noms slaves et de l'est, pas toujours évidents à retenir.
Au bout d'un trentaine de page, me voilà à nouveau plongée dans l'histoire comme un poisson dans l'eau.
On retrouve dès lors Lisbeth Salander, dans une bien piètre posture (elle vient d'être enterrée vivante, et a une balle logée dans la tête) et Mikael Blomkvist prêt à tout pour lui sauver la mise. Lisbeth est de justesse emmenée à l'hôpital. Se trouvant ainsi avec des cadavres autour d'elle et aux mains de la police, commence alors une course contre la montre pour démanteler une machination qui dure depuis près de 15 ans.
Difficile de faire un résumé de ce tome sans trop en dévoiler. Je vais donc en rester là avec mon semi-spoiler.

Le tome 3 est définitivement girly. Ça ne m'a pas interpellée dès le début, mais au fil de la lecture, on prend conscience de la place prépondérante des femmes dans cet épisode. De plus- et c'est là que j'ai fait tilt- l'auteur propose un prologue et des introductions de parties peignant un tableau des amazones et femmes guerrières depuis la nuit des temps.
Ce n'est pas que pour ça que ce livre m'a totalement enchantée. Tout dans cette lecture est palpitant : l'intrigue, les personnages, le récit et l'écriture de Stieg Larsson. Je peux comprendre qu'on n'accroche pas, car Larsson écrit beaucoup. Il décrit les décors, les petites touches quotidiennes (repas, cafés, clopes, douches...). Donc, le lecteur qui s'attend à ce que ça pète dans tous les sens toutes les dix pages va peut-être se lasser.
Par contre, pour le lecteur qui apprécie être plongé dans un environnement, un décor, une époque et faire partie du tableau, il faut lire Stieg Larsson.
Son écriture est vraiment agréable, en plus de dépeindre le fond avec minutie, sans pour autant être barbant, l'auteur alterne entre les dialogues, et les réflexions internes des personnages (alias = quand on est dans la tête d'un perso en particulier) de manière à apporter une bonne dynamique à son roman.
Il passe également d'un personnage à l'autre, petit à petit au fil de l'intrigue, attisant ainsi la curiosité du lecteur. 
L'intrigue est extrêmement bien ficelée et bien tordue, de quoi devenir parano d'ailleurs. Le dénouement n'est pas servi sur un plateau. Il faut lire pour savoir. Ce qui me fait dire c'est vraiment un bon page-turner. J'ai dévoré les 711 pages à une vitesse folle. Difficile de le lâcher. Arrivée au bout de ma course, j'ai vraiment été tentée de reprendre le tome 1, pour retourner au pays de Blomkvist et Salander.
Les personnages sont très humains, attachants et pour certains détestables.
De part son écriture qui m'a plongée intégralement dans son roman, j'avais l'impression de vivre avec ces personnages. Je les voyais évoluer à mes côtés. J'étais en train de résoudre le noeud du problème avec eux.
Ce qui est intéressant que tout n'est pas tout noir ou tout blanc, chez Larsson. Ses héros ne sont pas des chevaliers de la justice immaculés. Eux aussi ont leur petits travers, et prennent des chemins détournés pour arriver à leur fin. Néanmoins, on sait que c'est pour la bonne cause. Il reste juste et honnête.
Le côté sombre de Lisbeth plonge toujours le récit dans une part de mystère. On sait qu'on ne saura jamais vraiment tout ce qu'elle pense et qu'elle a encore de nombreux atouts dans ses poches!

Bref, à nouveau un coup de coeur avec ce dernier tome de la saga Larsson.
Ô rage! Ô désespoir! Pourquoi avoir arraché à la vie, un auteur tel que Stieg!
J'aimais tout chez Stieg Larsson (ou presque, euh, le physique n'entre pas en compte évidemment) : sa manière de raconter des histoires, les intrigues qui naissaient dans son cerveau, les personnages qu'il accouchait, les décors qu'il me donnait à voir.
Adieu Stieg, tu nous manques déjà.

Ma note : 5 étoiles