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Index des auteurs

jeudi 8 mars 2012

L'apprenti assassin - Robin Hobb

Premier tome de la série "L'assassin royal", je me plonge enfin dans une vraie longue saga de Fantasy.
Je ne me souviens pas avoir tenté cette expérience (mis à part avec Harry Potter, mais ce n'est pas tout à fait pareil; et avec le premier tome du Seigneur des anneaux).
Bref, au début de cette année, je me suis dit "2012 sera Fantasy ou ne sera pas!". J'avais vraiment envie de découvrir mieux ce genre qui connaît quand même un spectaculaire engouement.

Ouvrir le premier tome de la saga de Robin Hobb, c'est mettre les pieds dans un monde captivant, peuplé de personnages particuliers, à travers une intrigue palpitante, et dans un style vraiment agréable.
J'ai Lu, octobre 2011, 510 pages
Quelques mots qui résument en quelque sorte l'expérience que j'ai vécue en découvrant (enfin!) cette auteur.
Robin Hobb est une auteur américaine, bien connue dans le monde la fantasy (perso, même quand on ne s'y connaît pas... on connaît quand même son nom).
Dans L'apprenti assassin, Hobb nous fait découvrir le Royaume des Six-Duchés. Le premier contact avec cette série se fait avec Fitz, le narrateur.
Fitz, alias le bâtard du Prince Chevalerie, est vieux quand on fait sa connaissance, et il se souvient. Il consigne sa vie par écrit. Son épopée débute lorsque son grand-père maternel, le conduit à Castelcerf, car sa mère ne peut plus l'élever. Il a à peine six ans, mais son arrivée est assez mal vue. Il se voit confié à Burrich, le maître d'écurie et ami de Chevalerie, qui suite à cet évènement, abandonne son ambition de devenir le roi-servant, et quitte le château avec sa femme.
Petit à petit, Fitz va découvrir ce nouveau monde qui s'offre à lui. Malgré les premières attitudes de rejet, le roi, Subtil, et néanmoins son grand-père, impose qu'il reçoive une éducation princière.

Impossible de résumer ce livre tant il est dense en informations et évènements. De plus, ce n'est pas vraiment le but... l'idée c'est de convaincre de lire cette série!
Alors, pourquoi il faut lire Robin Hobb?

Tout d'abord pour découvrir l'univers qu'elle a créé de toute pièce : une géographie complexe, un contexte politique bien élaboré, une organisation soumise à des difficultés, un tableau familial intéressant, des éléments qui conduisent à une intrigue complètement prenante.
Ensuite, Robin Hobb offre une pléthore de personnages tout aussi passionnants les uns que les autres.
Définis par le patronyme qui leur est donné à la naissance, ils sont dépeints avec minutie par l'auteur. Certains sont attachants, d'autres détestables, ce qui rend leur découverte d'autant plus intéressante.
Chaque personnage à sa particularité, son importance et sa place dans le puzzle qui se constitue sous nos yeux.
Enfin, l'écriture de Robin Hobb est dense et très agréable à lire. Ce n'est pas une écriture qui se lit "rapidement", mais quand on se plonge dedans, impossible de relever la tête. 
Le récit est écrit à la première personne. Ce qui donne vraiment l'impression d'être l'interlocuteur principal de Fitz. Il s'adresse à nous et nous donne envie de l'écouter jusqu'au bout.
Jamais le lecteur n'est mis de côté, comme un simple spectateur lointain. J'ai été complètement happée par ce livre.
L'écriture sert l'intrigue. La manière dont Hobb présente son histoire la rend palpitante. Je ne me suis jamais ennuyée, même s'il y a beaucoup de descriptions et de placements de décor "géopolitiques".
Ces descriptions m'ont vraiment immergé dans cet univers imaginaire et m'ont donné envie d'aller toujours plus loin.

A travers ses mots, ses phrases et la construction de son texte, Robin Hobb fait surgir de nombreuses émotions : passion, haine, tristesse... autant d'états d'esprit qui ont jalonné ma lecture.
Ma première incursion dans le monde de la Fantasy selon Hobb m'a vraiment séduite.
Entre les châteaux forts, les chevaliers, les princes et les bouts de viande cuits au dessus du feu, mon imaginaire était comblé.
En tournant la dernière page, je n'avais qu'une envie, me plonger au plus vite dans le second tome.
Le premier cycle de L'assassin royal compte 6 tomes, et le second en compte 7.
De nombreuses heures de lecture en perspective!

Ma note : 4,5 étoiles



dimanche 4 mars 2012

Un long silence - Mikal Gilmore

Reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio (que je remercie au passage, ainsi que les éditions Points), j'avais envie de découvrir ce livre depuis un bout de temps. Ce récit s'inscrit dans la droite ligne du "Chant du bourreau" de Norman Mailer, que j'avais vraiment apprécié.
Pour rappel, Le chant du bourreau relate l'histoire de Gary Gilmore, petite frappe, condamné à la peine capitale dans les années 70 pour le meurtre de deux jeunes hommes. Le fait divers a fait sensation à l'époque, car Gary s'est battu bec et ongles afin que son châtiment lui soit infligé. A cette époque, cela faisait un bon bout de temps qu'il n'y avait plus eu d'exécution aux Etats-Unis. Cette volonté que sa condamnation soit concrétisée apparaissait comme un retour à cette pratique qui soulève encore aujourd'hui de vives émotions.

Points, février 2012, 612 pages
Mikal Gilmore, l'auteur de ce Un long silence, est le frère cadet de Gary. Petit dernier d'une famille de 4 garçons, Mikal est né près de 11 ans après Gary. Néanmoins, sa vie n'en fût pas moins tourmentée. Marqué par le destin rencontré par son frère, mais pas seulement, Mikal retrace dans son récit l'histoire de sa famille pour tenter de comprendre et d'expliquer la malédiction, comme il dit, qui pèse sur celle-ci.
Délier les noeuds, découvrir les secrets, Mikal va interroger son entourage, et notamment son frère aîné, Franck Jr, pour mettre à plat plus de 90 ans d'histoire.
Sa mère étant issue d'une famille mormone, Mikal dresse un beau tableau de l'histoire de cette "religion" et de l'établissement de la plupart des partisans dans l'ouest américain. Mais aussi de l'influence de celle-ci sur le comportement de sa mère.
J'ai trouvé cette partie plutôt instructive, même si c'est parfois un peu complexe.
D'autre part, il dresse également le portrait de son père et de ses origines. Un aspect beaucoup plus romanesque qui laisse encore planer du mystère. La vie Franck Gilmore pourrait se résumer à l'expression road book ou road movie. Un parcours difficile à retracer d'un bout à l'autre d'où les nombreuses pièces de puzzle manquantes. Un être qu'on a également envie de détester.

Tout au long des 600 pages qui constituent cette biographie, Mikal expose les faits, ses ressentis et impressions qui ont jalonnés sa vie. Il tente de montrer comment l'éducation reçue par ses frères les ont menés à devenir des petites frappes, des meurtriers ou des bons à rien. A-t-il, lui, échappé à ce destin funeste? Il est tout de même clairement marqué par les chemins qu'ont suivi Gary et Gaylen. Même s'il dit ne pas avoir vécu "dans la même famille".
Quant à Franck, c'est en travaillant sur ce bouquin qu'il a vraiment commencé à le connaître.

L'écriture de Mikal Gilmore est plutôt agréable. Dans un style fluide et "parlé", il dévoile, morceau par morceau, les différents pans de sa vie; qui sont bien souvent peu reluisants.
Une mise à nu qui m'a tenue en haleine quasi tout du long. J'avoue avoir eu une sensation de redite dans un passage ou deux. Néanmoins, je ne vais pas lui dire "eh euh, tu l'as déjà dit ça... abrège". Etant donné que son style n'est pas pesant, ça n'a pas été trop gênant.
Mikal a su me transporter dans son histoire comme s'il s'agissait d'une pure fiction. J'en ai aussi enragé quand je me suis retrouvée face à l'un ou l'autre secret irrésolu!

En bref, je ne suis pas une habituée des biographies, mais celle-ci m'a bien plu! Le sujet était dramatique et pesant, tout à l'opposé du style dans lequel il nous est présenté. Gilmore écrit d'un manière dynamique, qui ne s'enlise pas dans les détails inutiles.
Je conseille évidemment de lire le roman que Mailer a écrit avant, histoire de savoir où on met les pieds.

Ma note : 3,5 étoiles