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vendredi 26 mars 2010

Robe de marié - Pierre Lemaitre

Une fille égarée, une vie qui bascule, un récit machiavélique. Sophie perd la tête. Des absences, des trous de mémoire, sa vie commence à basculer petit à petit, à mesure que la folie s'installe.
Quand on fait sa connaissance, elle est déjà bien déboussolée. Fille au pair, elle se réveille un matin et découvre le cadavre du gamin dont elle a la surveillance. Paniquée, elle fuit. Tout laisse à croire qu'elle a commis ce meurtre, mais Sophie n'en a aucun souvenir. Une entrée en matière plutôt rude, mais qui s'annonce bien dans le cadre d'un polar.
Néanmoins, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce roman. Je n'avais jamais lu cet auteur auparavant, donc je n'ai aucun point de comparaison. Au départ, le style est froid, écrit au présent -l'air de rien, c'est pas commode à lire. Il y a une certaine distance entre le lecteur, le narrateur, et les protagonistes. Je me suis sentie un peu tenue à l'écart du récit. Je n'avais pas beaucoup de compassion pour la jeune déglinguée dont je suivais les faits et gestes. Je me suis accrochée, en me disant qu'il allait bien se passer quelque chose. J'attendais un appât de la part de l'auteur. Des éléments qui laissent penser qu'il allait vraiment se passer quelque chose dans cette histoire.
La première -et longue-partie s'étire sur 100 pages environ.
Ensuite vient enfin une seconde partie. Intitulée "Frantz", elle est racontée à la première personne et opère un dérapage complètement tordu. Enfin on y voit clair. Et ce qui est donné à voir fait peur.
Une ambiance malsaine. On se sent mal à la lecture. Plusieurs fois j'ai eu envie de crier (crier genre "mééé euh retourne toi! arghhh!"). Le style d'écriture change. Il se présente sous la forme d'un journal. C'est à ce moment que j'ai été happée dans l'intrigue et qu'il a été difficile de lâcher le livre. Finalement, j'étais plutôt satisfaite de m'être accrochée.
Ma note : 3,5 étoiles
Robe de Marié, Pierre Lemaitre, Livre de Poche, janvier 2010, 313 pages.
Livre lu dans le cadre du prix des lecteurs-Polar du Livre de Poche

La trilogie berlinoise - Philip Kerr

Une brique de plus de 1000 pages qui réunit trois récits, L'été de Cristal, La pâle figure et Un requiem allemand. Un roman noir qui nous plonge dans l'Allemagne nazie du IIIème Reich. Trois périodes, 1936, 1938 et 1947, traversées par Bernie, ancien de la police berlinoise, reconverti en détective privé. Trois intrigues qui ont comme toile de fond une période sombre de l'histoire et ses obscurs protagonistes.
Au début, l'épaisseur du livre fait peur. Une fois poussé la porte des premiers chapitres, j'ai adopté Bernie. A l'image des détectives US des années 50, Bernie est un solitaire. Grinçant et insolant, sa perspicacité et son flair nous entraine dans des intrigues palpitantes et complexes. Rebondissements, faits historiques, le roman a tout pour passionner. Le premier volet est écrit a un rythme soutenu. Un rythme qui sera ralenti dans la troisième partie. Une perte de vitesse, pour moi, due aux descriptions plus longues des services américains, russes et allemands et à la multitude de protagonistes. Mais aussi un ralentissement qui témoigne de l'état d'esprit du héros. Forcé de réintégrer la police nazie dans le second tome, Bernie sort d'un camp de travail quand on le retrouve au début du troisième tome. Une page de l'histoire s'est écrite durant les 11 années qui sépare les 3 parties. On passe d'une Allemagne glorieuse, emplie d'ambition-peu reluisante- à une Allemagne déchue, dont l'avenir est bien sombre. Néanmoins, les retournements de situation sont toujours bien présents et entrainants.
Dès le début de chaque partie, je n'avais qu'une seule envie, savoir ce qui allait se passer. Difficile dès lors de lâcher le pavé!  Les pages se dévorent littéralement.
Même si je me souviens avoir vu cette couverture lors de sa sortie en grand format (pendant mon stage en librairie), c'est via la participation au prix des lecteurs du Livre de poche que j'ai découvert ce livre.
Editée pour la première fois entre 1989 et 1991, cette trilogie serait prolongée par une nouvelle aventure de Bernie Gunther! Une info alléchante! Un auteur que j'ai adoré découvrir.

Ma note : 4,5 étoiles

La trilogie berlinoise, Philip Kerr, Livre de Poche, janvier 2010, 1015 pages

lundi 22 mars 2010

Coin BD

Et non je ne suis pas le nez QUE dans les polars... ok pour le moment, ils constituent une majeure partie de mes lectures, néanmoins j'ai sorti ma tête des meurtres et intrigues policières pour me plonger dans quelques BD.
Des moments où je me suis retrouvée pliée en deux de rire!

Mon gras et moi, Gally
Elle est grosse, grasse. Elle nous entraine dans son combat quotidien contre les bourrelets et les crises de boulimie. Racontées avec humour, ses histoires ne manquent pas de piquant et m'ont fait rire à chaque page.De la bonne volonté, à la mauvaise foi, j'ai apprécié cette lecture et me réjouis de redécouvrir cette auteur! une BD 5 étoiles.
Pocket, mars 2010, 90 pages
Le blog de Gally.




Moi vivant vous n'aurez jamais de pause, Leslie Plée
Ou comment elle a arrêté l'illustration pour devenir libraire. Et comment ce métier était loin d'être une partie de plaisir. On suit les aventures de Leslie qui trouve un job dans un magasin culturel qui va ouvrir. Tout démarre dans un grand entrepôt, avec des horaires où la pause n'existe pas.
De grands moments de rigolades et du plaisir, même si je me fais une autre idée du métier de libraire. Et hop 4 étoiles!
Pocket, mars 2010, 103 pages.
Le blog de Leslie Plée



J'aurais adoré être ethnologue, Margaux Motin
Un gros coup de coeur pour cette illustratrice! J'ai pleuré à chaque page (de rire) et lorsque j'ai tourné la dernière page (aaah j'en veux encore!). Des tranches de vies de Margaux, illustratrice de trente ans, mère d'une sacré gamine (elle a de qui tenir) et mariée. Son père, sa mère, sa soeur... tout le monde y passe. Je suis totalement fan et ne peux que recommander ce bouquin! (Autant pour les filles que pour les garçons).
Ca vaut bien un 6 étoiles (ouais normalement je ne compte que jusque 5...)
Marabulles, mai 2009, 135 pages
Le blog de Margaux Motin


Ma vie est tout à fait fascinante, Pénélope Bagieu
Et hop, encore une illustratrice. Lu il y a quelques mois déjà, je me suis également retrouvée pliée en quatre. Merci génération d'illustratrices qui font rire en riant de soi!
Des situations vécues, grands moments de solitudes ou "Vie de merde", cette BD se dévore d'une traite. Je zieute déjà sa série "Joséphine" qui semble aussi appétissante! 5 étoiles.
Tendance Fille, janvier 2008, 94 pages
Le blog de Pénélope Bagieu

samedi 13 mars 2010

Les âmes perdues - Poppy Z. Brite

Note tardive...J'ai découvert Brite en décembre 2009.
AAH un livre de vampires. Sujet hyper tendance depuis la déferlante "Twilight". Mais on lit quoi quand on n'aime pas Twilight!! (Oui j'ai déjà lu les 2 premiers tomes (et avant les sorties ciné s'il vous plait), et non je ne suis pas addict... du tout!).
Eh bien on farfouille dans le grenier de la littérature pour trouver son bonheur! Alors, oui, le Dracula de Bram Stoker est dans ma PAL depuis des lustres, et oui c'est l'incontournable que je n'ai pas encore lu.

Mais là, j'avais envie de découvrir Poppy Z. Brite. D'abord tentée par "Alcool" et "La belle rouge", je me suis demandé pourquoi ne pas commencer par le commencement...
Et me voilà donc en possession du bouquin "Ames perdues". Edité en 1992, le récit est empreint des années 80 finissantes. Il faut s'y faire, mais un petit voyage dans le temps, ça fait du bien. Sexe, drogues et Rock'n roll sont peut-être les trois premiers mots qui me viennent à l'esprit quand je repense au livre. Sur fond de Nouvelle Orléans et de riffs de guitare, on fait la rencontre de personnages abimés, égarés... en gros des Lost souls. Vampires ou humains, ils sont torturés.

Le résumé de l'éditeur : À quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de La Nouvelle-Orléans, et découvre la vérité sur ses origines...
Poppy Z. Brite nous entraîne dans un univers noir où les vampires profitent de leur immortalité pour s'adonner à toutes les perversions et braver tous les interdits de la société puritaine américaine.

Mon avis : J'ai trouvé le démarrage un peu lent, mais une fois entrée entière dans l'histoire, il était impossible de me faire tomber le livre des mains. L'écriture n'est pas difficile, mais il faut s'inviter dans l'univers particulier de Brite. Un style qui connaît des envolées presque poétiques, qui nous transporte dans un monde fantastique. Poppy nous donne à lire des descriptions crues (sexe, drogues et rock'n roll, je le redis), gluantes, fiévreuses et dures qui pourraient faire fuir les plus prudes... mais qui en donnent plein les yeux aux fanas de "gore" (le terme est sans doute un peu trop fort... ce n'est pas gore, juste parfois un peu crade).
Donc un bouquin qui m'a beaucoup plu et qui me donne envie d'aller plus loin avec Poppy!
Un livre sur le mythe du vampire qui nous change de... (noooon je ne veux pas encore la citer cette série!!!) Tw.....ight. Un livre qu'il faut découvrir!

Ma note : 4 étoiles

Ames Perdues, Poppy Z. Brite, Folio SF, Octobre 2006, 491 pages 

On en parle ici : Vladkergan