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jeudi 2 décembre 2010

Moins que zéro - Bret Easton Ellis

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Il y a déjà 2 mois, blog-o-book (Merci à BOB et aux éditions Robert Laffont!!!) proposait de (re)découvrir le célèbre livre
-->"Moins que zéro" du non moins célèbre Bret Easton Ellis et ce à l’occasion de la sortie très médiatisée de sa séquelle : "Suite(s) impériale(s)". Ayant lu et adoré "American psycho" du même auteur, je ne pouvais que me jeter sur cette occasion de découvrir le premier ouvrage de cet auteur, ouvrage qui obtint à l’époque par le journal "Le Monde" un qualificatif qui plaçait la barre plutôt haute : "LE roman des années 80". Ça tombe bien : j’ai plutôt un faible pour cette époque.
Toutes les conditions étaient réunies pour me mettre dans un état d’excitation littéraire hors du commun. Quand le facteur a enfin apporté ce graal en grand format, c’est donc tout à fait logiquement que j’ai mis en pause ma lecture du moment (Histoire de Pi, de Yann Martel ; œuvre sur laquelle je reviendrai prochainement) afin de me plonger dans Moins que zéro.
L’histoire commence.
Clay, enfant d’une famille hollywoodienne active dans l’industrie du cinéma, revient de l’université afin de passer ses vacances de Noël chez lui, à Los Angeles. Sa petite amie le ramène en voiture. Dès le début, on peut voir que Clay est dans un état de détachement total par rapport à son environnement; détachement rapidement expliqué par sa consommation de drogues diverses ainsi que par sa famille, particulièrement riche et je-m’en-foutiste. Deuxième constat pour le lecteur : tout l’entourage de Clay est tout aussi riche et je-m’en-foutiste. Et drogué.
On assiste donc aux pérégrinations de Clay, de fête en fête, de dealer en dealer, de pote en pote, de déjeuner hype avec son père en soirée mutisme avec sa mère, d’achat de revue porno en séance avec un psy plus taré que ses patients. Toutes ces aventures sont entrecoupées de souvenirs et de rencontres aussi brèves que creuses avec ce qui semble être la galerie des personnages que l’on pouvait rencontrer à L.A. dans les eighties : des blondes peroxydées au cerveau aussi délavé que leurs cheveux, des drogués en porsche, des mères de famille irresponsables plus obsédées par l’intention de se faire sauter dans une Ferrari que par la prise de cocaïne régulière de leur fille de 12 ans, des dealers en ray-ban, des nettoyeurs de piscine tout en muscle et en marcel ayant pour principale utilité de servir de sextoy, des drogués, des punks en veston à badges fans de Billy Idol, des drogués en loft de luxe offert par papa, des nanas de 18 ans possédant déjà la carte de fidélité spéciale "gonflage des seins" du Cedars-Sinai, des dealers qui regardent MTV et s’habillent avec un drapeau américain, des drogués qui manquent de mourir noyés, aspirés par le tourbillon de leur jacuzzi ; j’en passe et des meilleures. Heu, j’ai dit qu’il y avait beaucoup de drogue ? Ah oui !
Bref, tout ceci je l’ai découvert après une dizaine de pages seulement. Quel condensé ! me direz-vous. C’est vrai oui ; je me dis à ce moment que l’auteur a posé ses bases, son ambiance, et que l’intrigue va démarrer. Et les pages se suivent. Les mêmes rencontres avec les mêmes personnages mais dans des lieux différents. Arrivé au trois quarts du livre, je commence à me rendre compte qu’il n’y a pas d’intrigue. Ce livre est une tranche de vie mais j’ai l’habitude que cela serve de décor une action quelconque. Or il n’est pas question d’action, mais bien de son contraire : l’inaction. Ce livre, qui couvre une période de deux semaines environ, résume les années 80 selon l’auteur : la drogue, des personnages typiques, l’inaction, et surtout le détachement par rapport au monde extérieur, l’isolation sociale d’un groupe de personnes caractérisées par une grosse fortune (initialement tout du moins) et un goût immodéré pour tout ce qui se pousse dans le nez ou dans les veines.
Malheureusement, toute cette galerie de personnages et de situations hors du commun présentées justement comme ultra-communes pour les protagonistes a fini par me lasser. Et c’est avec un immense sentiment de honte que j’ai laissé trainer le livre sur l’étagère, me promettant mollement de terminer LE roman des années 80. Promesse molle n’est pas facile à rompre (ben oui, elle plie), mais au bout d’un gros mois, j’ai enfin pu m’avouer que je ne le terminerais pas et donc enfin écrire cette petite chronique avec beaucoup de gêne.
D’abord la gêne d’écrire si tardivement la dite petite chronique.
Mais également la gêne de ne pas terminer un « classique » qui décrit une époque que j’aime particulièrement.
Mais maintenant que j’écris ces derniers mots, je me rends compte que ce sentiment de gêne vient de s’estomper. Je me suis vraiment ennuyé sur la fin de la lecture, et franchement je ne lis pas pour m’ennuyer. La partie que j’ai lue m’a (je pense) permis de comprendre l’essence de ce que l’auteur a voulu montrer. J’aurais peut-être dû le lire il y a quelques années, avant American Psycho (quoique…) mais surtout avant la sortie si médiatisée de Suite(s) impériale(s). Tant pis pour moi…

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