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lundi 4 décembre 2017

Trois jours et une vie - Pierre Lemaître

Titre : Trois jours et une vie
Auteur : Pierre Lemaître
Le Livre de poche - mars 2017
320 pages








Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


❢ Fin décembre 1999, la ville de Beauval est en émoi. Un garçon de 6 ans, Remi Desmedt a disparu. Les habitants se mobilisent pour le retrouver. La stupeur les frappe alors que d'autres catastrophes s'abattent sur la ville, donnant des airs de fin du monde à son cadre boisé et à l'industrie vacillante.
Pour Antoine, tout a commencé avec la mort d'un chien.


Et mon avis, je vous le trempe?


❢ Dans Trois jours et une vie, Pierre Lemaître nous plonge dans un roman psychologique noir à travers les yeux d'Antoine, 12 ans. D'entrée de jeu, il donne le ton : froid, plutôt sec, faisant l'économie de fioritures... il en arrive rapidement au point du récit et nous met directement dans l'ambiance. Un gamin disparaît, les catastrophes s'abattent sur la ville, et nous observons cet enchaînement depuis les pensée d'Antoine. Pris dans ce huis-clos personnel, nous allons découvrir une petite ville, ses habitants et les difficultés qui les étreignent. 

❢ De bout en bout, la tension est palpable, l'ambiance est malsaine. Au fur et à mesure de nos rencontres, on va s'attacher à tel ou tel personnage, avoir de la haine pour tel autre, et malgré l'effroi, conserver de l'empathie. L'effroi est sans doute la première émotion qui m'a traversée. L'incompréhension, le Pourquoi? Un Pourquoi? sans lequel le récit n'aurait pas sa raison d'être évidemment. On peut dire que Lemaître soigne bien ses personnages, leurs qualités, leurs défauts et leurs caractéristiques. Une manière de bien nous les imprimer en tête. Caricatures ou dessins, peu importe, ce sont des personnalités bien réelles.

❢ L'angoisse de l'intrigue sera ponctuée par le cadre naturel, plutôt hostile. Et la peinture qu'il nous fait de cette ville de Beauval apporte également beaucoup à son histoire. On imagine assez bien ce petit coin, un peu boisé, un peu village, touché par la crise frappant les petites industries. Une ville qui fût, mais qui n'est plus vraiment. Un cadre socio-économique miné et qui touche également sa population. Ajoutez à cela les conditions climatologiques faites de brumes et de pluies... De quoi donner froid et vous filer un rhume rien qu'en lisant ce livre.


❢ En bref, Pierre Lemaître nous plonge dans une intrigue psychologique torturée et torturante. Au sein d'une petite ville un peu sur le déclin, il nous plante une succession de catastrophes et nous les fait voir à travers les yeux d'un garçon de 12 ans. Enfermé dans la tension qui s'opère sur lui, on est un peu comme dans un ascenseur émotionnel. Une vie déchirée -et les autres-, des évènements qui font que tout ne sera plus jamais comme avant. Faire l'autruche et continuer? Se faire rattraper par son passé? Tout ça aurait été bien différent certainement, si ce chien n'était pas mort...






dimanche 3 décembre 2017

Défi ValériAcr0 #5.10 - La sélection de décembre 2017

Cinquième round pour ce défi mensuel en compagnie d'Acr0. Surprises et dégommage de Pile A Lire (aka PAL) au programme : chaque mois, nous pêchons dans la PAL de "l'autre" pour en dénicher une lecture. Le binôme a le mois courant pour effectuer sa lecture, et jusqu'au 5 du mois qui suit pour poster sa chronique. C'est sport! Très sport! A tel point qu'on s'est ménagé quelques jokers pour pallier aux manquements (lecture tardive, chronique en retard, ton chien qui mange ton livre, ou une séance d'aqua-poney...) -notre système de gages/jokers étant en cours de restructuration, des informations complémentaires vous seront transmises dans le courant des semaines à venir- En gros, on va diminuer le nombre de joker et se balancer du gentil gage à la face. Ça sera plus amusant. Reste à établir cette liste de gages.


What about November?


❢ Impossible de passer àc ôté du raccord-thème : the best guitar solos ever.
Instant musical



❢ Pour revenir à nos moutons, pour le mois de novembre, j'aidais Acr0 à avancer dans son défi Fin de liste avec le 16è tome des Annale dus Disque-Monde de Terry Pratchett. De son côté, elle a pioché dans ma Pile un roman qui collait bien avec l'ambiance pluvieuse et le début de froidure, un Pierre Lemaître qui ne m'a pas laissée de marbre.


NEEEEEXT!


❢ Nous y voilà, sélection pour le dernier mois de l'année. Année civile j'entends, parce qu'on est totalement décalées comme gonzesse, donc le défi il commence en mars. Alors sélection à boules et flocons ou pas du tout? Il faut dire qu'Acr0 me met à rude épreuve étant donné qu'elle a réduit considérablement sa Pile A Lire. Alors tant mieux pour elle, c'est un grand pas -elle est sous la barre des 20 et quelques si je ne me trompe- mais après, je dois faire mon marché dans sa PAL FAMELIQUE, et trouver les raccords-thèmes, c'est pas toujours évident. Bon pour le coup, on pourrait dire ici que dans le titre, il y a un peu d'hiver. Pour ce choix, j'avais envie qu'elle se relance dans une grande aventure -puis comme il est terrible en plus, je n'ai pas pu résister.

Le prophète blanc, Robin Hobb




Son avis à chaud : 
Oh, oh, oh ! Super surprise :D Moi qui me demandais encore quand j'allais oser me lancer dans ce deuxième cycle de L'assassin royal... Parfait !


❢ C'est la fête pour tout le monde, et de son côté, ma bonne dame Acr0 a évidemment choisi quelque chose pour moi. Pour savoir ce qu'il en est... sous le sentier neigeux.


jeudi 23 novembre 2017

L'effroyable encyclopédie des revenants - Pierre Dubois, Elian Black'Mor, Carine-M

Titre : L'effroyable encyclopédie des revenants
Auteurs : Pierre Dubois, Elian Black'Mor (illus'), Carine-M (illus')
Glénat 2014
224 pages









Un beau livre pour commencer l'automne.

Pour notre sélection du mois d'octobre, Acr0 avait décidé de me faire sortir un livre, reçu il y a près de 3 ans -déjà??- déjà feuilleté mais encore jamais lu de bout en bout.

L'effroyable encyclopédie des revenants va vous donner des frissons. Textes et illustrations font bon ménage pour plonger le lecteur dans une atmosphère sombre et glauque. Vous avez voulu du revenant quand même non?! Le narrateur nous invite à le suivre, là-bas, plus bas dans la cave, dans un voyage à travers contes et légendes, afin de découvrir les personnages horrifiants et horrifiques qui peuplent les terres d'en-bas. Nourri d'une bibliographie bien fournie, Pierre Dubois est à la plume. Pour servir ses textes, Elian Black'Mor et Carine-M assurent grave au niveau des illustrations.


J'ai vraiment une grande affection pour cet album. Je le trouve vraiment fascinant et contemplatif. C'est un bel objet, l'édition est vraiment soignée. De la couverture plastifiée mat avec repérage sélectif aux choix du papier, en passant par la mise en page textes/illustrations, le choix des polices... Tu peux rester des heures à la feuilleter.





Je trouve que c'est un beau combo, même si j'ai été moins touchée par les textes que par les images. A ce niveau, j'ai trouvé que certains récits étaient moins prenants ou passionnants que d'autres, c'est parfois un peu inégal. Néanmoins l'ensemble vaut vraiment la peine. Je pense que c'est un livre qui se regarde, se feuillette, et se lit par petites touches. Ça évite d'être peut-être un peu déçu par un texte par rapport à un autre par exemple.



En bref, L'effroyable encyclopédie des revenants est vraiment un très beau livre-objet. Au delà de sa forme soignée, le livre propose une alliance illustrations/textes vraiment immergeante. Une fois le nez dedans, on est complètement plongé, envahit par l'atmosphère sombre qu'il dégage. Je l'ai trouvé vraiment fascinant. C'est clairement le type de livre qu'on a envie de découvrir sous un plaid confortable, face à une cheminée qui crépite alors que le vent souffle dehors...















dimanche 5 novembre 2017

Défi ValériAcr0 #5.9 - La sélection de novembre 2017

❢ Cinquième round pour ce défi mensuel en compagnie d'Acr0. Surprises et dégommage de Pile A Lire (aka PAL) au programme : chaque mois, nous pêchons dans la PAL de "l'autre" pour en dénicher une lecture. Le binôme a le mois courant pour effectuer sa lecture, et jusqu'au 5 du mois qui suit pour poster sa chronique. C'est sport! Très sport! A tel point qu'on s'est ménagé quelques jokers pour pallier aux manquements (lecture tardive, chronique en retard, ton chien qui mange ton livre, ou une séance d'aqua-poney...) -notre système de gages/jokers étant en cours de restructuration, des informations complémentaires vous seront transmises dans le courant des semaines à venir- En gros, on va diminuer le nombre de joker et se balancer du gentil gage à la face. Ça sera plus amusant. Reste à établir cette liste de gages.


What about October fest?


❢ Octobre, c'est le premier mois complet de l'automne, les feuilles mortes, l'orange, les bogues et les marrons... On commence à avoir un peu froid -ou pas... ceci dit, on a quand même eu des températures avoisinant les 25 degrés pendant près d'une semaine- le soleil se couche plus tôt, on ressort son bon vieux plaid et on rêve d'allumer une bûche, sauf qu'on n'a pas de cheminée -enfin en ce qui me concerne; du coup je mets le programme "feu de cheminée" sur Netfl*x. Une ambiance propice aux récits qui font peur aussi, avec Halloween en bout de course. And soooo, pour en arriver au choix que j'avais fait pour ma copine, à savoir la plonger dans un beau livre illustré, la tête dans un monde étrange et onirique. C'était Alice, illustré par Benjamin Lacombe. De son côté, Acr0 a eut également l'idée de me plonger dans un beau livre illustré, qui en envoie plein dans ta face, à savoir L'encyclopédie des revenants d'Elian Black'Mor, Carine-m et Pierre Dubois.
Sa chronique.

Here comes November...


❢ Perso, je crois que je suis assez fan de novembre. Je ne sais pas trop pourquoi... les congés et fériés à tout à va sans doute. Ou encore l'accentuation de cet effet "chaumière, bûche, grog". De fait il fait noir plus tôt, il fait noir quand on se lève, mais avouez que la lumière est sympa quand le soleil se couche sur un paysage automnale avec un beau ciel. Ca sent le marshmallow grillé moi je dis!
C'est l'avant dernière sélection de l'année 2017, la neuvième de notre année-challenge, on peut dire que ça file en tout cas. Deuxième mois d'Automne, Halloween est passé, mais je trouve que les revenants, fantômes et autres goules nous accompagnent toujours. On est un peu dans une phase transitoire entre l'été indien et le rude hiver. 
Etant donné que la Pile A Lire de ma pote fond comme neige au soleil -ou comme un glaçon dans ton Mojito en été- je ne me suis pas spécialement focalisée sur le "raccord saison". Ce n'est pas toujours possible. Je pensais, avec mon choix, combler un "trou" cette année, sauf qu'en fait non. Je lui en avais déjà choisi un genre en avril -logique, pour l'hommage, toussa, toussa.
Je suis hyper bavarde et je vais m'arrêter ici, et dévoiler cette sélection... j'espère que je ne t'ia pas perdu, cher lecteur passionné.

Les annales du Disque Monde #16 : Accros du roc
Terry Pratchett






❢ Sa réaction à chaud :


Héhé, bien vu :) Te souviens-tu que le précédent tome - aka le tome 15 "Le Guet des Orfèvres" - je l'avais lu grâce à toi en avril 2017 ? En tout cas, c'est une bonne chose car je me disais qu'il fallait que j'avance dans cette série !


❢ Tu connais la chanson... Comme c'est un ping pong, tu sais que mon binôme m'a également choisi pour accompagner mon mois de novembre. Envie de savoir quoi?! Clique ici, c'est par là que ça se passe!

mardi 24 octobre 2017

California Girls - Simon Liberati

Titre : California Girls
Auteur : Simon LIBERATI
Le Livre de Poche- Aout 2017
320 pages










❢ Dans California Girls, Simon Liberati revient sur les quelques jours entourant le meurtre de Sharon Tate par les membres de la communauté hippie de Charles Manson. Marqué dans sa jeunesse par l'image de trois filles de vingt ans défiant les tribunaux américains une croix sanglante gravée sur le front, c'est autour de ces filles qu'il centre son récit. Un récit qui donne au lecteur une vision du hippie beaucoup moins romantique que la caricaturale "peace and love".

❢ Dès notre première rencontre avec Sadie et Kathy, -l'une ayant déjà des airs d'hystérique à côté de ses pompes, l'autre arpentant les poubelles à la recherche du repas du soir- Liberati nous prépare. Loin de l'idée des fleurs dans les cheveux, on est plutôt dans le "pieds sales dégueulasses, entaillés, transpiration et odeur de foutre". C'est clair la Communauté est loin de l'idée romantique qu'on pourrait se faire de la vie de hippie-bien loin du California dreamin'. Une chose est sûre, les premiers personnages rencontrés ne sont pas présentés sous leur meilleur jour. Directement, Charles Manson apparaît comme un gourou illuminé, un type complètement barré, frustré et manipulateur, alors que ces filles et ses autres suiveurs voyaient en lui le sauveur, le nouveau messie, Jésus en personne et buvaient ses paroles comme du p'tit lait.

❢ California Girls est un récit glaçant de trois journées mêlant l'horreur et la déconnexion de la réalité. Dans mon "souvenir" -quand j'étais ado, j'avais pu avoir quelques livret+video docu retraçant le parcours de serials killers, et le cas Manson était le premier numéro-, je voyais en Manson un tueur extravagant. Liberati m'a fait prendre conscience de l'aspect vraiment sectaire de sa communauté et des desseins politiques qu'il visait.

❢ Dans sa manière de construire son récit, j'ai trouvé que l'auteur adoptait un ton plutôt grave et froid, et malgré les détails sordides des scènes d'horreur, ça ne donne pas dans l'étalage de boucherie. De fait, on est confronté à des images terribles, mais il décrit également de manière minutieuse l'état d'esprit de chacun des protagonistes à chaque moment, que cela soit lors des crimes ou "dans la vie de tous les jours". On est clairement dans un roman psychologique. Ce n'est pas gratuit, et je trouve que le roman donne une vision assez objective des faits. Ma petite déception est qu'il se soit arrêté juste après les meurtres et qu'on ne suive pas les filles lors de ce procès qui l'a tant marqué.

❢ En bref, un roman glacial et glaçant nous replongeant dans un faits-divers sordide de l'Histoire, ponctué par des musiques emblématiques. Un récit qui tire de notre imaginaire le côté peace and love de la communauté hippie,pour y placer des gens déconnectés et un peu perdus, rêvant d'autres choses, mais complètement manipulés par un gourou haineux et frustrés... qui les pousse à faire des actes pour lesquels il préfère rester dans l'ombre. Un roman que je ne mettrais pas entre toutes les mains. Âmes sensibles s'abstenir.

C'est le deuxième livre de Simon Liberati que je lit, après son Jayne Mansfield, 1967 - publié en 2011 chez Grasset.