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mardi 18 novembre 2014

Rouge est la sang - Sam Millar

TITRE : Rouge est le sang (The Redemption Factory)
AUTEUR : Sam Millar
Ed. Points - Coll. Points policier
2 janvier 2014 (pub. 2005)
277 pages









Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


 Paul Goodman, une vingtaine d’années au compteur, est au chômage depuis un an. Son rêve : devenir pro de snooker. D’ailleurs il passe la majeure partie de son temps à fouler le sol du bar & billard, the Tin Hut, avec son compère Lucky. Mais la vie, ce n’est pas que le snooker. Il y a les factures à payer, et il faut donc bosser. Un peu à contre-coeur, il se rend à l’abattoir pour se faire embaucher. Même si l’endroit est glauque, il parait que le boulot paie bien. En passant les portes de l’usine, il se retrouve propulsé dans un univers « violent », régit par des personnalités brutales et inquiétantes. Et si on gratte un peu, que peut-on trouver de plus…


Un petit avis pour faire trempette?


 Un petit conseil : ne vous fiez pas trop à ce que raconte le 4ème de couverture. Perso, je ne le trouve que moyennement indicatif de ce qu’on va trouver à l’intérieur du livre. J’aurais même tendance à penser qu’il nous vole un peu sur la marchandise. Par contre, n’allez pas croire que je n’étais pas satisfaite du contenu. J’ai vraiment apprécié ma lecture. L’éditeur laisse penser qu’on va se plonger dans un polar politique-le conflit nord-irlandais et la disparition d’un militant de l’IRA- alors qu’en fait pas trop. Alors oui, il en est un peu question, mais ça s’arrête là. Donc c’était juste mon petit bémol pour l’éditeur.

 Dans Rouge est le sang (aka The redemption factory), Sam Millar dresse une peinture sombre et dérangeante d’une fange humaine bien poisseuse.
Dès le prologue, il donne le ton. Le roman sera froid et dur, cru et sauvage. Ce sentiment est renforcé dans le premier chapitre, au moment même où Paul Goodman pousse la porte de l’abattoir. Déjà, le cadre est une invitation au frisson.


Hall of Darknessby Stock7000

 D’un bout à l’autre de son récit, Sam Millar nous offre des descriptions horrifiques : scènes flippantes et creepies, et personnalités troublantes sont au rendez-vous. Le sang coule autant à l’extérieur que dans les tréfonds des personnages. Ces derniers sont des êtres fracturés, torturés et/ou torturant. Ici, la misère humaine est surtout montrée depuis l’intérieur des personnages. Néanmoins, au dessus de cette mélasse, ressort certaines notes plus claires : l’espoir d’un jeune homme pour son avenir, l’envie d’aller au delà des apparences, la sincérité,… - naaaan mais va pas croire qu’il y a du mielleux dans cette histoire non plus!

 Sam Millar met en scène des personnages tout aussi fascinants les uns que les autres. Abîmés par la vie, qu’elle soit courte ou longue, ces derniers sont très caractérisés et cadrent bien avec l’entièreté de l’histoire. Ils traînent leur passé comme un boulet dont on ne peut se séparer, mais dont on s’accommode tant bien que mal. Des personnalités tranchées qui correspondent au ton que l’auteur donne à son récit. Le style est direct et sans fioritures. L’auteur va à l’essentiel et dit les choses « comme elles sont », il nous livre la vérité crue. Ce roman est dur et brusque, la langue claque comme un fouet aux oreilles. Même si le livre n’est pas très épais- 277 pages- il s’y passe beaucoup de chose. Ca va vite et ça se dévore- et parfois en se pinçant le nez.


En bref, j’ai vraiment apprécié cette découverte. Sam Millar plonge son lecteur dans un thriller horrifique, une peinture monstrueuse de l’humain. Ce roman est dense et fait froid dans le dos. Les descriptions sont intenses et coupées aux couteaux. Le style est rapide, sec. Cette manière de poser le récit créée un tension palpable et un sentiment de malaise chez le lecteur. Sentiment renforcé par un cadre glauque et poisseux. On sent bien que les personnages sont marqués par leur passé, sans doute à l’image de leur créateur- je ne m’étends pas trop sur la cadre politique, l’Irlande du Nord, l’IRA, toussa toussa, parce qu’à vrai dire, je ne m’y connais que trop peu en la matière.
Ami lecteur, tu veux être secoué, je t’invite dès lors à découvrir la plume de Sam Millar. Pour ma part, je m’en vais ausculter de plus près sa bibliographie pour renouveler l’expérience.

Merci, merci à Cryssilda de m'avoir fait découvrir cet auteur. Clic, clic pour découvrir son avis!


6 commentaires:

  1. Réponses
    1. Wii il faut!
      Ce n'est certainement pas une lecture "perte de temps". Un récit qui te fout un coup de poing dans la figure et qui se dévore en peu de temps.
      Rapide et efficace!

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  2. Une fois encore, tu me fais découvrir un roman :3 Cela devient une habitude, dis ! Je le note, même si le sujet aurait tendance à me filer des frissons dans le dos, en ce moment '_'

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    1. Je l'ai découvert via Cryssilda. Et j'en suis bien contente en tout cas.
      Franchement, il met bien "mal à l'aise", et c'est pour ça qu'on l'aime ce roman :-)

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  3. Oui c'était bien ce livre, même si "un peu" glauque! Il m'a fait beaucoup rire moi, je n'y ai vu qu'une accumulation d'humour noir :)

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    1. Le côté glauque ne m'a pas gêné, ça donnait vraiment bien le ton.
      oui de fait, il y a des scènes un peu "comiques" hum :-)
      Merci pour la découverte.

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