Google+

vendredi 12 février 2016

Moloch - Thierry Jonquet

TITRE : Moloch
AUTEUR : Thierry JONQUET
Folio Policier - 1998
428p.





Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?

❢ Quand une maison d'apparence banale, abandonnée au fond d'un terrain vague, devient le théâtre d'une scène d'horreur. Des enfants, attachés, carbonisés. L'un d'eux a vainement tenté de s'enfuir, mais est resté coincé mi-dedans/mi-dehors, agonisant, jusqu'à la mort. Les équipes de police dépêchées sur place en gardent la nausée -quand ils n'ont pas déjà vomi. Qui est l'auteur de ces atrocités...

Et mon avis, je vous le trempe?

❢ Moloch me laisse un sentiment un peu mitigé, mais même s'il ne remporte pas ma franche adhésion, il faut lui reconnaître ses qualités littéraires. C'est un roman percutant qui nous envoie dans la tronche une vision froide et réaliste de la société "contemporaine". Usant des codes du néo-polar, Thierry Jonquet nous plonge dans un Paris des années 90 : ambiance violente et macabre, glauquitude, dénonciation de la société et une certaine affection pour les marginaux. Ajoutez à ça une plume bien maîtrisée et vous avez tous les ingrédients nécessaires pour vous donner du frisson.

❢ Rien à dire, ça commence plutôt fort. Entre une histoire de gamins carbonisés dans une maison abandonnée-intrigue n°1- et le quotidien d'une aide soignante de l'aile des enfants d'un hôpital -intrigue n°2-, l'entrée en matière est crue et rude. Mon petit Hic personnel, c'est qu'au bout du compte, j'ai accroché beaucoup plus à l'intrigue secondaire, qu'à la principale. C'est évidemment une appréciation toute subjective, mais j'ai trouvé quelques longueurs dans la première, alors que le seconde me faisait tourner les pages assez rapidement.

❢ Second bémol, très mitigeant celui-là, parce que je pense que cela peut aussi être perçu comme une qualité littéraire, c'est la vague impression que j'avais de me retrouver dans un vieil épisode de Navarro. Je parle ici de l'aspect esthétique et non pas de l'intrigue. Une balance entre une immersion totale dans une époque de manière hyper réaliste, et le fait d'avoir une couche de poussière sous les yeux. Autre point qui m'a un peu gêné dans ma lecture, c'est le fait que les particularités, physiques ou culturelles/morales, des protagonistes soient intrinsèquement liées à leurs origines. J'ai trouvé ça un peu caricatural, ou réducteur, et personnellement, je perçois ça comme un cliché du téléfilm français des années 90- et me revenait sans cesse en tête ces films avec Anconina ou Boujenah, le blanc, le beur, le juif et l'algérien sont sur un bateau, etc.

❢ Néanmoins, je ne conteste pas les qualités d'écrivain de Thierry Jonquet. Il savait manier la plume et transporter le lecteur dans les bas-fonds de l'humanité. Il donnait à voir une vision crue, abrupte et réaliste de la société contemporaine, dénonçant, hachant, flanquant...
J'ai lu Moloch sans l'adorer, mais sans pour autant le lâcher. J'avais été plus emballée par ma lecture de Mygale, dont j'ai toujours un bon souvenir du frisson qu'il m'a procuré. 

❢ Infos bonuxMoloch, avait été choisi par Acr0 dans le cadre de notre défi ValérAcr0. Un livre qu'elle a bien fait de déterrer de ma Pile A Lire, car il y était depuis plus de 5 ans. Un livre que j'ai emporté à Londres pendant mon dernier voyage en décembre dernier.




mercredi 10 février 2016

Dévoreur - Stefan Platteau

TITRE : Dévoreur (Les sentiers des Astres #0)
AUTEUR : Stefan PLATTEAU
Les Moutons Electriques - 6 octobre 2015
144 pages









Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


❢ Vallée de Pélagis. Peyr Romo, mage, s'en va pour une mission, laissant sa femme, Aube, et ses deux enfants à demeure. Vidal, leur ami éleveur d'ânes, vit non loin de là avec ses deux filles. Durant les absences de Peyr, Aube passe beaucoup de temps avec Vidal à discuter. Mais bientôt, le comportement paisible de Vidal semble avoir changé. Aube s'inquiète de cette mystérieuse transformation. Est-ce que l'astre qui brille étonnement fort au dessus de sa maison aurait une influence néfaste sur l'homme? L'absence de Peyr n'a jamais autant pesé sur les épaules d'Aube.


Et mon avis, je vous le trempe?


❢ Petit en-cas pour nous tenir tranquilles en attendant la suite de Manesh, Dévoreur nous plonge dans un prequel à l'univers créé par Stefan Platteau. Et c'est un en-cas que l'on dévore sans retenue, tout dégoulinant d'une belle écriture qu'il est. Plutôt que "court" roman, je le qualifierais de "long" conte dans lequel l'auteur fait revivre ce bon vieux mythe de l'ogre. Il arrive à nous donner froid dans le dos, grâce à sa manière de donner vie à un univers de fiction juste avec des mots.

❢ C'est un fait sûr et certain, Stefan Platteau manie vraiment bien les mots. Ses phrases sont chantantes, et il s'applique dans ses descriptions. D'ailleurs, je dirais plutôt que ce livre se déguste, se savoure. Petit à petit, son univers se découvre aux yeux du lecteur, un peu comme si on observait un peintre en cours de travail. De sa plume naît un univers fictif qui semble très très réel. Un livre court, certes, mais dense. Ses phrases ne sont pas creuses et chaque paragraphe apporte sa pierre à l'édifice.

❢ Le récit est réparti en 4 ou 5 chapitres, chacun donnant voix à l'un des personnages principaux. On découvre l'histoire d'un point de vue différent en suivant la chronologie -je ne suis pas claire... en gros Aube ouvre l'histoire, ensuite vient la voix de Peyr qui continue l'histoire, etc... On n'est pas dans un schéma où toute l'histoire est revue du début à la fin par chaque personnage. Ce changement de voix colle plutôt pas mal avec la montée de la tension narrative. Au fur et à mesure le ton se fait plus grave et incertain. Plus on avance et plus on se recroqueville, on se tapit sous le tapis les couvertures : scènes plus crues, frissons, dents pointues et grand chaudron. A la manière des contes d'origine -à savoir avant édulcoration contemporaine-, certains passages sont plutôt rudes.

❢ En tant qu'objet, ce livre est aussi un bel objet. Un soin particulier a été mis dans l'élaboration graphique de l'ensemble : un petit format carré, une couverture cartonnée avec une découpe qui donne un aperçu sur l'illustration intérieure, des pages ornementées,...
En bonus, j'avais aussi envie de souligner la dédicace que Stefan Platteau fait à sa fille en fin d'ouvrage. Un clin d'oeil plein d'humour et de tendresse qui donne un peu une idée du personnage.


En bref, Stefan Platteau nous replonge dans nos pyjamas d'enfants. Il réveille nos peurs primales grâce à une plume qui donne littéralement vie à son univers, aux personnages et à l'intrigue. J'avais déjà été séduite par l'écriture de l'auteur avec le premier tome de sa série "Les sentiers des Astres", Manesh. Et, selon moi, ce prequel confirme le talent et les qualités de conteurs de Stefan Platteau. Et je ne dis pas ça uniquement parce que le type est fort, fort sympathique- et bien de chez moi-, mais parce que ses romans sont de véritables invitations au voyage : paisibles, agréables à regarder, mais aussi palpitants et rebondissants. Un auteur qui vaut vraiment le détour!

❢ Acheté lors du festival des littératures de l'imaginaire de Chaudfontaine en novembre dernier, j'avais lu quelques pages de ce livre, histoire de me donner l'eau à la bouche. Il n'aura pas fait long feu dans ma Pile à Lire, car Acr0  me l'a choisi pour le mois de janvier 2016 dans le cadre du Challenge ValeriAcr0. 


dimanche 7 février 2016

Défi ValériAcr0 #3.12 : La sélection de février 2016

Le défi ValeriAcr0, c'est un petit challenge qu'on se lance tous les mois avec Acr0. L'idée de base, c'est que chacune va puiser dans la Pile A Lire de l'autre pour en dénicher une lecture. Le binôme a le mois courant pour effectuer sa lecture, et jusqu'au 5 du mois qui suit pour poster sa chronique.

Haïku de février

Mois lunaire, mois chinois
Crêpes, cotillons et moussaka
La fin avant le début


❢ C'était il y a un peu plus d'un mois, Acr0 me choisissait un beau livre pour passer le mois de janvier. Un livre que j'ai savouré, page après page, avec délectation. Il s'agissait de Dévoreur de Stéfan Platteau. Coup de coeur et coup d'effroi, ce livre ne m'a pas laissée de glace. Mon avis traine encore un peu dans mon clavier, mais il ne va pas tarder à éclore. De mon côté, j'envoyais ma copine ouvrir un grimoire de sorcière. Sa chronique, c'est par ici.

❢ Aujourd'hui, nous sommes en février. Et c'est l'heure du dernier choix de notre troisième année de défi. Une sélection que l'on s'applique, l'une et l'autre, à effectuer de manière réfléchie. Attention! Ce défi n'est pas à prendre à la légère. Il nous engage quand même à lire un livre de notre Pile A Lire! Bon okay, on a du joker si on veut switcher, ou si on a du mal à terminer dans les temps -what?! ma spécialité??!! Euh wais, mais je crois que ma copine se sent aussi rassurée d'avoir ces fameux jokers.
Donc, je m'égare à nouveau, mais c'est la faute de la petite voix que j'ai dans la tête -enfin l'autre voix. Février, rime avec crêpes, mais c'est aussi le milieu de l'hiver, et on pourrait toujours être enseveli par la neige! J'aime bien la neige, même si ça cause des embarras de circulation. Il me manque juste le feu de bois... Du bois, de la neige, l'hiver... des concepts qui ont guidé mon choix.

G.R.R. MARTIN, Une danse avec les dragons
A Game Of Thrones #15




❢ A chaud, elle en pense quoi la copine?!
Ahah, choix on ne peut plus sérieux, "winter is coming" comme dirait l'autre ! Et puis comme ça, j'aurais fini de lire tout ce qui est paru/a été traduit en VF. Ce n'était pas évident de trouver une lecture en rapport avec l'année bissextile.


❢ Vous brûlez de savoir ce qu'elle m'a choisi pour ce mois de février?! Alors poussez votre nez dans son chaudron... mais attention à ne pas tomber tout entier dans sa soupe...


lundi 1 février 2016

Appelez-moi Lorca Horowitz - Anne Plantagenet

TITRE : Appelez-moi Lorca Horowitz
AUTEUR : Anne Plantagenet
Stock - 01/01/2016
216 pages










Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


❢ Je voulais comprendre comment Lorca Horowitz avait mis en place son plan d’anéantissement sans éveiller le moindre soupçon, et avait osé monter une à une, sans jamais reculer ni même hésiter, les marches qui la menaient droit à son crime. Je voulais comprendre pourquoi elle l’avait fait. Mais surtout en quoi cela me concernait, me touchait. Qu’avais-je à voir là-dedans ?


Et mon avis, je vous le trempe?


❢ Vivement appâtée par le résumé de ce livre, je me suis retrouvée à la fin avec un petit goût de trop peu. Dans ce roman, Anne Plantagenet nous donne à regarder de plus près un fait divers passé plus ou moins inaperçu. Fait divers sur lequel elle est tombée par hasard et qu'elle décide d'analyser de plus près afin de comprendre les motivations de cette Lorca Horowitz. Le roman alterne entre le récit de l'auteur, de sa découverte de cet article et de son histoire personnelle, et celui de Lorca Horowitz qui s'immisce insidieusement dans la vie d'un couple d'architectes en vue à Séville.

❢ Après l'avoir découverte avec sa bio de Marilyn Monroe, j'explore le côté romancière* de Plantagenet. Et je confirme que son style me plaît bien et est assez agréable à lire. Je dirais que son écriture est assez légère- dans le sens "pas ampoulée"- et qu'elle nous place facilement dans l'état d'esprit de ses personnages. Ça se lit très facilement et rapidement. L'intrigue se déploie petit à petit au fil des pages, sans qu'on en connaisse dès le départ les vrais tenants et aboutissants. Le souci, c'est que je n'ai pas vraiment été emportée dans la spirale créée par Lorca Horowitz.

❢ Tout d'abord, je comprends bien le point de départ "personnel". Elle nous explique sa démarche vers ce fait divers. Par la suite, elle réalise des parallèles entre le personnage de Lorca Horowitz et sa propre vie. Et là, je n'ai pas vraiment "tout saisi". En général, je trouve que l'alternance entre deux voix apporte une certaine dynamique et attise la curiosité, par contre, ici, ça ne m'a pas apporté grand chose. Le fait qu'elle ait vécu à Séville, qu'elle ait pu croiser cette Lorca, etc... okay... mais non en fait. Ensuite, je ne me suis pas super attachée non plus au personnage de Lorca, ou autres protagonistes. En effet, j'ai bien ressenti qu'il y avait un malaise avec elle, mais je n'ai pas été submergée par un sentiment de malaise par rapport à cette fille.

❢ En bref, malgré les qualités littéraires d'Anne Plantagenet et le sujet que je trouvais attractif, je n'ai pas été transportée dans la spirale déployée par Lorca Horowitz. Ayant lu récemment un autre titre tournant autour du même sujet -no spoil- j'avoue que j'ai été un peu déçue de ne pas avoir ressenti le même sentiment de claustrophobie, d'angoisse que ce type d'intrigue peut engendrer. Le texte a néanmoins le mérite de ne pas être trop long et d'aller droit au but. Je me répète, mais je trouve que Plantagenet a une chouette plume. Juste que la mayonnaise n'a pas pris sur moi avec ce titre.
*Merci aux éditions Stock et à Babélio pour la découverte.


samedi 23 janvier 2016

Hipster than ever - James

TITRE : Hipster than ever
AUTEUR : JAMES
Jungle Editions
28 octobre 2015
112 pages








Vous prendrez bien un résumé avec votre thé?

❢ Kevin, aka Byron Ulysse Orson, hipster, nous emmène dans les méandres de sa vie. Hipster? "Personne, jeune de préférence, à la pilosité libérée mais bien taillée et aux goûts et modes de vie très sélectifs". A travers son récit, vous allez découvrir quelles sont les particularités de cet être étrange et à part qu'est le hipster. Est-ce que cela sera assez pour le comprendre? Notez que le hipster ne se laisse pas apprivoiser tel un chien fidèle... la route sera longue.


Et mon avis, je vous le trempe?

❢ J'ai découvert cette BD via une proposition*, mais il faut savoir que celle-ci a vu le jour via un Tumblr (http://hipsterthanever.tumblr.com/). Niveau présentation, les strips se déclinent sur une page en général (3-4 cases). Le récit est donc plutôt bien rythmé. De format carré, le livre est agréable à tenir et à regarder. Il revêt même des airs "bio", avec des couleurs recyclages et une couverture type papier Kraft. Je trouve que c'est plutôt cohérent avec le thème de la BD.

❢ Pour ce qui est du récit, j'ai trouvé la BD plutôt amusante, mais pas forcément "constante", au niveau de l'humour. Certains strips m'ont fait vraiment rire, et d'autres pas du tout. Par contre, j'ai vraiment accroché au crayon de James. L'allure des personnages, les coloris, la manière de présenter ses strips, c'est le côté qui m'a le plus plu. Ca m'a également permis de m'attacher aux personnages.

❢ En bref, un bel objet, agréable à lire, à feuilleter et à relire. Des sketches humoristiques. Un livre que j'ai envie de laisser trainer pour que mes invités en profitent aussi. Que ce soit sur le plan du contenant que du contenu, ce fût une sympathique rencontre. Même si ce n'est pas un coup de coeur, j'ai passé un bon moment de lecture.
*Wink à Babelio et aux Editions Jungle pour la découverte.