Google+

18 décembre 2014

Un hiver en Enfer - Jo Witek

TITRE : Un hiver en enfer
AUTEUR : Jo WITEK
Ed. Actes Sud Junior
20 août 2014
333 pages









Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?

❢ Edward, 15 ans, a été élevé toute sa vie par son père, un célèbre architecte. Il éprouve de grandes difficultés à nouer des liens avec sa mère, qui passe la majeure partie de son temps entre crises bipolaires et séjours en hôpital psy. Alors qu'elle rentre d'une énième "cure", Rose semble en paix avec ses démons et tente de tisser des liens avec Edouard. N'ayant jamais reçu aucun amour de la part de cette mère qu'il déteste littéralement, Edouard se braque, lui répond cyniquement lors du repas, et déclenche une terrible dispute avec son père.
Or, survient ce même soir, la mort accidentelle du père.
Le jeune ado, déjà terriblement mal dans sa peau, victime de troubles obsessionnels compulsifs, mal intégré dans son école, va devoir survivre avec ce poids. Mais surtout...il va devoir composer avec sa mère, ayant réchappé de peu à l'accident dont elle a été victime avec son mari.
Dès lors, un terrible face-à-face va se mettre en place entre la mère et le fils. Entre amour et haine, la tension est palpable.


Oups, mon avis vient de tomber dans votre tasse.

❢ Estampillé roman jeunesse, je trouve qu'Un hiver en enfer est avant tout un bon thriller "tout public". De fait, le personnage central du récit n'est pas un adulte, comme on en a l'habitude dans ce genre de roman quand il est destiné aux adultes -du moins pour ceux que je lis en général- mais bien un adolescent de 15 ans. Néanmoins, cet angle d'attaque n'infantilise pas du tout le cadre et l'intrigue -ce qui me fait toujours un peu peur suite à de mauvaises expériences avec certains livres Young-Adult.

❢ Je suis très rapidement entrée dans l'histoire. Même si le face à face entre la mère et le fils n'intervient qu'en seconde partie du récit -on va dire à la moitié du livre- Jo Witek met en place le cadre, ses personnages et leurs personnalités avec minutie et de manière plutôt passionnante. Son écriture est prenante, le style assez direct et propose une bonne balance entre la focalisation interne et les dialogues entre les personnages. Le texte est rythmé, ce qui permet d'adopter un bon "débit" de lecture -tout en sachant que ce n'est pas parce que ça se lit vite que c'est mieux qu'autre chose, n'est-ce pas! Néanmoins, j'ai un petit bémol à ajouter au niveau des descriptions. J'y ai trouvé certaines incohérences, à mon sens. Il y a en a un ou l'autre minime, telle qu'une fille qui se met du vernis à ongles et qui deux secondes plus tard fait une bataille de polochons -oui, oui tu vas dire que je tortille du c*l, mais quand même, ça m'a un peu chiffonée. Et une autre, à la fin du récit, qui m'a un tant soit plus gênée, mais je ne peux pas la décrire sous peine d'être une vilaine spoileuse!
Au final, il s'agit quand même de petits détails qui n'entravent en rien la lecture, rassurez-vous!

❢ L'intrigue tient vraiment bien la route, et ce, appuyée par le fait que le cadre du récit et les personnages sont vraiment bien dépeints. Jo Witek nous plonge en plein dans un univers adolescents. Une jeunesse plutôt dorée, mais qui n'échappe pas à toute la cruauté dont l'humain peut faire preuve.
Edward est un enfant perturbé. Chéri par son père, il est tout de même victime de l'état d'esprit disfonctionnant avec lequel sa mère l'a bercé toute sa courte vie. De-là, il s'est développé un série de TOC qui ne l'aide pas à s'intégrer facilement dans son lycée. Ajoutez à cela les rumeurs qui vont bon train sur l'état de santé de sa mère, et Edward a bien vite été catalogué "le taré".
Il est victime des méchancetés des têtes dures de l'école : agression verbale, parfois physique et racket. Il se réfugie dans les jeux vidéo auxquels il s'avère être plutôt "bon".
J'ai trouvé vraiment intéressant la manière dont l'auteur nous plonge dans cet univers. Ca interpelle et ça peut même faire froid dans le dos. Qui plus est, étant donné que ce livre est destiné à la base à un public ado... autant espérer que ça fasse réfléchir -on n'est pas toujours conscient du mal que l'on peut faire aux autres.

❢ A ce niveau, les personnages peuvent paraître peut-être caricaturaux -le geek, le caïd, le maigrelet, etc.- sans l'être de trop finalement, néanmoins, je trouve que ça sert bien le récit. Du côté des adultes, ceux-ci sont également bien campés. Pas manichéens pour un sous, ils participent également à la montée en tension que l'on peut ressentir tout au long de l'histoire. Au bout d'un moment, il y a de quoi s'y perdre entre la réalité et les faux-semblants.


❢ En bref, en ouvrant Un hiver en enfer de Jo Witek, j'ai non seulement découvert une auteur avec une écriture plutôt chouette, mais aussi un roman qui m'a bien embarqué dans son jeu. Ce livre est un thriller psychologique vraiment bien ficelé. Malgré le fait qu'il soit catégorisé en "jeunesse", je trouve qu'il peut plaire également à un public adulte. Ca tient la route, et ça plonge le lecteur "adulte" dans cadre différent des thrillers "pour grand" -wais, j'essaie tant bien que mal de ne pas répéter le mot adulte tout le temps et ce n'est pas facile. L'auteur plonge son lecteur dans un récit très prenant qui a pour cadre l'adolescence et les relations humaines difficiles -entre enfants, et intergénérationnelles. Entrer dans ce livre, c'est mettre un pied dans une spirale infernale qui nous tient de bout en bout. Un livre qui en valait le détour.

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique, j'en profite pour remercier les éditions Actes Sud Junior et Babélio.



09 décembre 2014

Le Livre sans nom - Anonyme

TITRE : Le Livre sans nom (The Book With No Name)
AUTEUR : Anonyme
Ed. Le livre de poche
11 juin 2011 (pub. juin 2005)
512 pages









Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


L'histoire se déroule à Santa Mondega, une ville du sud des Etats-Unis. Il y a 5 ans, Sanchez, le patron du Tapioca, un bar totalement inhospitalier, était témoin de la pire boucherie de tous les temps. Un homme encapuchonné est entré dans son bar, a commandé un Bourbon, l'a bu, et a flingué toute l'assistance -plus plein de gens dans la rue, vous imaginez le carnage. Tout ce qu’on sait c’est que cet homme est connu sous le nom de Bourbon Kid. C'était la veille du jour de l'éclipse totale -qui a lieu tous les 5 ans dans cette bourgade.
Aujourd'hui, 5 ans après les faits, quelques jours avant cette nouvelle éclipse, l'ombre du Kid plane à nouveau sur la ville, et ça ne plaît pas à Sanchez. Tout commence avec l’arrivée de deux moines à la recherche de L’œil de la lune, une pierre magique dérobée à leur communauté. Une pierre qui fait l'objet de désir de nombreux truands…



Et mon avis pour tremper dedans?


Sanchez Garciaby Gait44
Le livre sans nom est un véritable page turner qui vous plonge dans un thriller fantastique complètement halluciné, mais aussi très mystérieux. Mystère autour des personnages. Mystère autour de cette pierre. Mais aussi, mystère autour de l’identité de cet auteur Anonyme. J’ai pris beaucoup de plaisir à dévorer le premier tome de cette série -aka The bourbon kid- et je vais très rapidement enchainer avec la suite.


Dès le départ, l’auteur entre dans le vif du sujet. Il plante son décor : Santa Mondega et le Tapioca, le point central de l’action. Il présente ses personnages principaux : Sanchez, Jefe, Bourbon Kid, Les moines. Il donne le ton : bim, baam, boum, ça va bien péter dans tous les sens. On le sent très inspiré par le cinéma, que ça soit dans le déroulement des actions que dans les dialogues. C’est rythmé, rapide et l’ensemble est bien « estampillé ».

Tout d’abord, j’ai apprécié la manière dont l’auteur développait le cadre de son récit. Pour moi, au delà du fait qu'il s'agisse d'un roman d'action, c’est aussi un roman d’ambiance. Il nous transporte littéralement à Santa Mondega grâce à ses descriptions. J’ai vite construit mon image mentale et j’ai été rapidement immergée dans l’environnement. C’est désert, poussiéreux, et on ressent bien les tensions. Ca c’est sûr, les étrangers du bled ne sont pas les bienvenus. Tout semble plus ou moins paisible, mais un étincelle peut tout embraser d’un coup d’un seul.

The Bourbon Kidby Gait44

Ensuite, je me suis sentie très vite-oui, tout va très vite dans cette histoire- emportée dans une histoire très cinématographique. Déjà, au niveau du plantage du décor, de l’ambiance, mais aussi grâce au ton utilisé dans l'écriture. Autant dans les descriptions, que dans les dialogues, on est dans un style plutôt « parlé ». J'aurais même tendance à dire qu'on est carrément dans du "Tarantino". Dès les premiers chapitres, certaines scènes ou certains personnages m'ont replongée dans certains films tels que Kill Bill, Pulp Fiction ou From dusk Till down, entre autres*-surligne pour voir, mais attention au spoilage. J'ai quand même un petit bémol au niveau du texte, dans le sens où l'auteur se répète parfois d'un paragraphe à l'autre. Ce n’est pas le style le plus propre du monde, néanmoins ça colle avec le reste.

Du point de vue des acteurs, Anonyme nous fournit une pléthore de figures toutes aussi barrées les unes que les autres. Totalement décalées et quelque peu caricaturales, ces personnalités sont très marquées et cadrent vraiment bien avec l’atmosphère ambiante : le barman bougon et blasé, le sombre chasseur de prime, la mystérieuse comateuse, les moines naïfs, le tueur fou-furieux, et j’en passe. C’est très amusant d’apprendre à les découvrir, même si c’est très bref pour certains.

Elvis by Gait44
Au fil de son intrigue, l’auteur nous promène d'un personnage à l'autre, tout en tissant les mailles de son récit. On avance à tâtons et bon nombre de nos certitudes tombent vite à l’eau. Ce roman est blindé de rebondissements, ce qui lui apporte un côté vraiment rythmé. De plus, c'est totalement raccord avec le côté cinéma. Le tout tient vraiment bien la route et une fois le nez plongé dedans, c'est très difficile de s'en décoller avant la fin.


En bref, en me plongeant dans ce premier tome de la série Bourbon Kid, je suis tombée dans un roman rempli comme un vieux tiroir-oui, oui celui qui se remplit mais ne se vide jamais. Au départ, je pensais tenir un thriller en main, mais, oh surprise, celui-ci cache du fantastique. J'ai rencontré une panoplie de personnages très typés et complètement barrés. C'était un régal de les découvrir et d'apprendre à les connaître petit à petit. Véritable page turner, Le livre sans nom est un roman blindés de rebondissements et qui va à 100 à l'heure. D'ailleurs, je n'ai noté aucun temps mort. C'est aussi, en quelque sorte, un hommage au cinéma de Tarantino. On y retrouve le style déjanté du réalisateur et complètement décalé, mais aussi le ton cash et les imageries un peu cradingues. Une série, de 4 tomes, que je compte dévorer assez rapidement.



Ce titre avait été pioché par ma copine Acr0 pour notre défi mensuel. Malgré l'intérêt et l'engloutissement, j'ai quelque peu débordé- seulement de 4 minutes- sur le délai qui m'était octroyé pour le lire. Et comme je me vautre dans la paresse, j'ai également perdu un joker pour copie rendue en retard :-).





02 décembre 2014

Défi ValériAcr0 #2.10 : la sélection de décembre

Le défi ValeriAcr0, c'est un petit challenge qu'on se lance tous les mois avec Acr0. L'idée de base, c'est que chacune va puiser dans la Pile A Lire de l'autre pour en dénicher une lecture. Le binôme a le mois courant pour effectuer sa lecture, et jusqu'au 5 du mois qui suit pour poster sa chronique. Jusqu'à présent, aucun dégât-aka perte de joker- n'est a signaler.


Que s'est-il passé en novembre? 

❢ On a lu ma bonne Francine! J'avais choisi de soutenir Acr0 dans l'avancée de son défi "fin de séries". Avec la lecture du 3ème tome de la série Fils des brumes de Brandon Sanderson, elle boucle avec succès une saga qui lui a bien plu. De son côté, Acr0 tapait bien dans ma PAL et en sortait un bouquin que j'avais envie de découvrir depuis des lustres, à savoir Le livre sans nom. Au vu de mon agenda de ministre, je n'ai su le commencer que la dernière semaine de novembre, avec un petit sprint final le dimanche 30- 230 pages lues pour le finir avant minuit. Terminé à 00h04, j'attends le verdict de ma co-liseuse pour savoir si le quart d'heure académique peut-être invoqué, ou si je perds un joker.


Et puis, qu'est-ce qui se passe en décembre?

❢ Bin en décembre, on prend les mêmes et on recommence-Les mêmes? Les mêmes bouquins?
Ah bin non, pas les mêmes bouquins ma cocotte! On va évidemment puiser dans le puits sans fond de nos Piles A Lire pour dénicher la perle qui va combler notre copine pour le dernier mois de l'année.
Extrait d'un petit moment schizophrénique :

"Tatata-tatatataaaaaa,
tatata-tatatataaaaaa,

Bon j'arrête, le chant de noel en "tata" c'est nul. En plus j'aime pas les chants de noel. C'est nul.
Et puis, on va pas devenir tout mou parce que les fêtes de fin d'année approchent!
Et si c'était la fin du monde au lieu de la fin de l'année!
Tu te souviens de ce jour "the end of the world"... il y a deux ans déjà?! je ne sais plus, mais peut-être que depuis nous ne sommes qu'une bande de vieux zombies et qu'on le sait pas!!!
As-tu remarqué un changement dans ton propre corps? Des odeurs putrescentes? Des selles inquiétantes? Un liquide saumâtre qui coule de tes orifices faciaux?

Bref, tu vois, on ne sait pas ce que la fin de l'année....du monde nous prépare!!

Euh bref.... okayyyyy.... Le petit pessimiste a pris les commandes de ce billet de sélection. Mais bon c'est pas grave, parce qu'il n'aura rien à redire sur notre dernière sélection de l'année, parce que le défi ValeriAcr0 c'est top!!

Aaaaah waiiiiis, tu crois que le défi Val.......
wais, wais, enfin wais, c'est... wais... wais ça va il est top votre défi! Et puis ta copine de lecture, elle est top aussi. Pfff déjà presque deux ans et vous tenez toujours avec la régularité d'une horloge suisse... chapeau bas! Et pas de joker claqué pour cette nouvelle session.... Non mais là j'ai plus qu'à fermer ma gueule....

Aaah enfin merci! Je vais pouvoir enfin dire à ma copine ce que je lui ai choisi pour sa sélection du mois de décembre! Enfin un peu de silence là-dedans!"



❢ Tout ça pour en arriver à l'objectif de cet article, à savoir la grande annonce de la lecture de ce mois de décembre :

Black´Mor Elian : Sur la piste des dragons oubliés


Alors, heureuse ma chère Francine?

Son avis, à chaud :

"Tes "tatatataaaa" fonctionnent bien, j'ai tout de suite reconnu la chanson.

Non je n'ai rien remarqué de tout ça, je suis jeune & jolie, tu sais. Miam, miam, tu sais vendre du rêve pour Noël ! Comment tu essaies de te rattraper sur la fin, non mais tu crois que je suis si bigleuse que ça ?

Oui, je suis heureuse :) (décidément, chaque mois !) car je l'ai feuilleté mais je ne l'ai jamais lu sérieusement (et qu'en plus, c'est un supra cadeau d'Eirilys, donc elle sera heureuse pour moi)."




❢ Et le truc qui est super bien avec ce défi, c'est qu'il est réciproque. Pour savoir ce qu'Acr0 a choisi dans sa bonté infinie, il suffit de cliquer sur ce lien de voyage espace-temps. J'avais juste une petite request, c'était de choisir un livre de ma PAL qui ne soit pas un cadeau (et donc qui pouvait compter pour mon Grand Concours de l'Année, parce que je suis mal barrée :-)).


18 novembre 2014

Rouge est la sang - Sam Millar

TITRE : Rouge est le sang (The Redemption Factory)
AUTEUR : Sam Millar
Ed. Points - Coll. Points policier
2 janvier 2014 (pub. 2005)
277 pages









Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


 Paul Goodman, une vingtaine d’années au compteur, est au chômage depuis un an. Son rêve : devenir pro de snooker. D’ailleurs il passe la majeure partie de son temps à fouler le sol du bar & billard, the Tin Hut, avec son compère Lucky. Mais la vie, ce n’est pas que le snooker. Il y a les factures à payer, et il faut donc bosser. Un peu à contre-coeur, il se rend à l’abattoir pour se faire embaucher. Même si l’endroit est glauque, il parait que le boulot paie bien. En passant les portes de l’usine, il se retrouve propulsé dans un univers « violent », régit par des personnalités brutales et inquiétantes. Et si on gratte un peu, que peut-on trouver de plus…


Un petit avis pour faire trempette?


 Un petit conseil : ne vous fiez pas trop à ce que raconte le 4ème de couverture. Perso, je ne le trouve que moyennement indicatif de ce qu’on va trouver à l’intérieur du livre. J’aurais même tendance à penser qu’il nous vole un peu sur la marchandise. Par contre, n’allez pas croire que je n’étais pas satisfaite du contenu. J’ai vraiment apprécié ma lecture. L’éditeur laisse penser qu’on va se plonger dans un polar politique-le conflit nord-irlandais et la disparition d’un militant de l’IRA- alors qu’en fait pas trop. Alors oui, il en est un peu question, mais ça s’arrête là. Donc c’était juste mon petit bémol pour l’éditeur.

 Dans Rouge est le sang (aka The redemption factory), Sam Millar dresse une peinture sombre et dérangeante d’une fange humaine bien poisseuse.
Dès le prologue, il donne le ton. Le roman sera froid et dur, cru et sauvage. Ce sentiment est renforcé dans le premier chapitre, au moment même où Paul Goodman pousse la porte de l’abattoir. Déjà, le cadre est une invitation au frisson.


Hall of Darknessby Stock7000

 D’un bout à l’autre de son récit, Sam Millar nous offre des descriptions horrifiques : scènes flippantes et creepies, et personnalités troublantes sont au rendez-vous. Le sang coule autant à l’extérieur que dans les tréfonds des personnages. Ces derniers sont des êtres fracturés, torturés et/ou torturant. Ici, la misère humaine est surtout montrée depuis l’intérieur des personnages. Néanmoins, au dessus de cette mélasse, ressort certaines notes plus claires : l’espoir d’un jeune homme pour son avenir, l’envie d’aller au delà des apparences, la sincérité,… - naaaan mais va pas croire qu’il y a du mielleux dans cette histoire non plus!

 Sam Millar met en scène des personnages tout aussi fascinants les uns que les autres. Abîmés par la vie, qu’elle soit courte ou longue, ces derniers sont très caractérisés et cadrent bien avec l’entièreté de l’histoire. Ils traînent leur passé comme un boulet dont on ne peut se séparer, mais dont on s’accommode tant bien que mal. Des personnalités tranchées qui correspondent au ton que l’auteur donne à son récit. Le style est direct et sans fioritures. L’auteur va à l’essentiel et dit les choses « comme elles sont », il nous livre la vérité crue. Ce roman est dur et brusque, la langue claque comme un fouet aux oreilles. Même si le livre n’est pas très épais- 277 pages- il s’y passe beaucoup de chose. Ca va vite et ça se dévore- et parfois en se pinçant le nez.


En bref, j’ai vraiment apprécié cette découverte. Sam Millar plonge son lecteur dans un thriller horrifique, une peinture monstrueuse de l’humain. Ce roman est dense et fait froid dans le dos. Les descriptions sont intenses et coupées aux couteaux. Le style est rapide, sec. Cette manière de poser le récit créée un tension palpable et un sentiment de malaise chez le lecteur. Sentiment renforcé par un cadre glauque et poisseux. On sent bien que les personnages sont marqués par leur passé, sans doute à l’image de leur créateur- je ne m’étends pas trop sur la cadre politique, l’Irlande du Nord, l’IRA, toussa toussa, parce qu’à vrai dire, je ne m’y connais que trop peu en la matière.
Ami lecteur, tu veux être secoué, je t’invite dès lors à découvrir la plume de Sam Millar. Pour ma part, je m’en vais ausculter de plus près sa bibliographie pour renouveler l’expérience.

Merci, merci à Cryssilda de m'avoir fait découvrir cet auteur. Clic, clic pour découvrir son avis!


10 novembre 2014

Succubus dreams - Richelle Mead

TITRE : Succubus dreams (Succubus #3)
AUTEUR : Richelle MEAD
Editions Milady
26 août 2011
476 pages



Vous prendrez bien un petit résumé avec votre thé?


 Pour rappel, Succubus, c’est l’histoire d’une Succube, aka Georgina Kincaid, démon qui se nourrit de l’énergie puisée lors de relations sexuelles avec des humains, à qui elle rabote la vie.
Succube “la nuit”, Georgina est libraire le jour. Sous les ordres du démon Jérôme, elle vit plus ou moins une vie pépère, quoique bien souvent secouée par des évènements perturbateurs.
Entre le premier et le troisième tome, Georgina s’est liée d’amour avec un auteur, Seth. Se promettant de ne pas consommer leur amour, afin d’éviter de raccourcir la vie de l’homme, leur relation s’en ressent quand même quelque peu, et le couple finit par se retrouver dans une impasse.
Ajoutons à cela les nuits épouvantables que Georgina est en train de subir à cause de rêves assez torturés, mais aussi le retour d’un démon dont elle se serait bien passée de revoir… La vie n’est pas toujours rose quand on est une succube!

Et mon avis pour tremper dedans, ça vous dit?


❢ En règle générale, je ne suis pas une grande férue de tout ce courant de bit-lit, fantasy urbaine, “monstre-d-amour-fait-moi-l-amour”. J’ai débuté cette série parce que j’étais quand même un peu curieuse de savoir ce qui se passait sous ces couvertures agaces-pissettes. Qui plus est, j’avais envie de lire un truc un peu girly-”sans prise tête”. Je me suis dirigée vers cette série suite à des avis plutôt positifs vus sur les blogs, et en effet, la série colle bien avec mes attentes.

Succubusby Tira-Owl
❢ Je n’avais pas envie d’un bouquin où ça couche une page sur deux, et qui finalement n’a pas du tout d’histoire. N’imagine pas que je sois prude ou allergique à tout contact sexuel! Juste qu’un auteur qui te met de la fesse toutes les deux pages, c’est que son histoire n’a vraiment rien dans le ventre.

❢ Bref. Dans Succubus, forcément y a de la jambes en l’air, mais je dirais pas plus de 3 scènes sur un tomes de 450/500 pages -je ne comptabilise pas les moments où l’attrait physique des persos ou d’autres fantasmes sont décrits, car ça ne dure pas plus de quelques lignes. Et donc, il y a quand même une intrigue qui vaut la peine d’être suivie. L’intrigue se tient, il y a pas mal de rebondissement et le roman passe comme un bon divertissement.

❢ En gros, si je me suis dirigée vers cette série, c’est surtout parce que l’héroïne principale est libraire. Les différents personnages sont plutôt sympathiques et l’auteur joue pas mal sur le côté humour et second degré. J’y suis revenue parce que, prise au jeu, j’avais envie de connaître la suite des aventures de Georgina. Maintenant, j’avoue que les états d’âme de la succube dans ce troisième tome m’ont un peu « soulée » -bon pas au point de me filer la gueule de bois, mais un peu quand même. Néanmoins, je pense quand même aller jusqu’au bout de la série, juste pour savoir…


❢ En bref, Succubus est une série d’uban fantasy divertissante, plutôt bien ficelée et qui réunit une belle brochette de personnages. Attirée par le statut de libraire de l’héroïne, je me suis prise au jeu de la série et je continue de la suivre, à petite dose, pour répondre à mes périodes j’ai envie de lire du girly. Fan de démons, de vampires et autres monstres de l’enfer, vas-y, lance-toi, c’est sympa. Ce n’est certainement pas un roman incontournable qui restera dans les annales de la littérature, mais c’est un bon moyen de se libérer l’esprit.

Une lecture qui colle bien avec le Challenge Halloween.